Inhibiteur de la néprilysine et ARA II : PARADIGM-HF dévoile les résultats d’analyses secondaires

  • Packer M & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 13 avr. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Chez les sujets dont le système rénine-angiotensine est déjà inhibé au maximum, l’ajout d’un inhibiteur de la néprilysine atténuerait l’effet du diabète sur la détérioration de la fonction rénale chez les sujets souffrant d’insuffisance cardiaque.

Pourquoi est-ce important ?

La néprilysine est une endopeptidase neutre qui accélère la dégradation de certains peptides endogènes ayant un effet natriurétique, vasodilatateur et antifibrotique. Ces peptides exerceraient leur action physiologique en augmentant les concentrations en guanosine monophosphate cyclique (GMPc). Par ailleurs, l’activité de la néprilysine serait accentuée dans les tissus affectés par une maladie vasculaire ou un diabète de type 2. Entresto®, seul médicament actuellement disponible à base d’inhibiteur de la néprilysine, est une association sacubitril/valsartan. L’étude PARADIGM-HF avait précédemment démontré que cette association diminuait la mortalité cardiovasculaire et l’admission hospitalière des individus souffrant d’insuffisance cardiaque chronique avec ou sans diabète, par rapport à des patients traités par énalapril seul. Les résultats de ces analyses complémentaires présentent un intérêt en pratique, car ils montrent que cette association serait bénéfique sur la néphropathie diabétique en dépit d’un contrôle glycémique.

Principaux résultats

Au total, 8.399 sujets présentant une insuffisance cardiaque chronique et une fraction d’éjection réduite, ont été inclus dans l’étude (n=3.784 avec diabète, n=4.615 sans diabète). À l’inclusion, par rapport aux sujets non-diabétiques, ceux qui en souffraient étaient plus âgés et plus susceptibles d’avoir des antécédents d’hypertension, d’insuffisance cardiaque ou d’avoir été hospitalisés pour insuffisance cardiaque.

Au cours du suivi médian de 27 mois, la fonction rénale s’est régulièrement altérée chez les patients diabétiques et non diabétiques, mais cette dégradation s’est avérée plus importante chez les sujets diabétiques vs non diabétiques : -2,0mL/min/1,73m2/an chez les diabétiques vs -1,1mL/min/1,73m2/an chez les non diabétiques (p

Par rapport à un traitement par énalapril, un traitement par l’association sacubitril/valsartan a diminué le déclin de la fonction rénale (-1,3 vs -1,8 mL/min/1,73m2/an, p2/an chez les premiers vs 0,3 mL/min/1,73m2/an pour les second, pinteraction= 0,038). Les auteurs de l’étude mentionnent que « les effets plus importants sous inhibiteur de la néprilysine chez les sujets diabétiques ne peuvent pas s’expliquer par les effets du traitement sur l’évolution de l’insuffisance cardiaque ou de l’HbA1c. » D'autres études sont maintenant nécessaires pour mieux comprendre l'impact de l'inhibition de la néprilysine dans ce contexte.

Méthodologie

Étude randomisée, en double aveugle, ayant comparé l’efficacité du sacubitril/valsartan (97 mg/103 mg, deux fois par jour) à l’énalapril (10 mg, deux fois par jour) chez 8.399 patients présentant une insuffisance cardiaque chronique faible à modérée et une dysfonction systolique. L’objectif était d’évaluer le débit de filtration glomérulaire sur 44 mois. Les patients qui avaient une pression artérielle systolique 2 à l’inclusion étaient exclus.

Principales limitations

Les résultats de cette étude se limitent à la population incluse.

Financement

Étude financée par Novartis.