Inhalation d’INF bêta dans le COVID-19 : résultats d’une étude de phase 2

  • Monk PD & al.
  • Lancet Respir Med
  • 12 nov. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Selon une étude de phase 2, l’IFN bêta délivré par nébuliseur pendant 14 jours offre un taux supérieur d'amélioration des symptômes du COVID-19 par rapport au placebo, selon le score de sévérité de l’OMS (OSCI) évalué à 28 jours de suivi. La réduction du risque de progression vers une maladie grave ou un décès était non significative en intention de traiter, mais significative dans l’analyse per protocole. Une étude de phase 3 conduite auprès d’un plus grand effectif pourrait apporter des précisions sur l’intérêt de ce traitement expérimental.

 

Les médiateurs de l’immunité innée peuvent constituer une approche intéressante dans la lutte contre le COVID-19. Parmi eux, l’IFN bêta semble avoir une activité inversement corrélée à la sévérité de la maladie. Il s’agit de l’une des premières cytokines à être mobilisée par le système immunitaire face à une infection virale, notamment au niveau pulmonaire. Par ailleurs, le SARS-CoV-2 est capable d’inhiber la libération de cette cytokine dans des modèles cellulaires.
La tolérance d’une forme nébulisée d’IFN bêta (SNG001) a déjà été étudiée favorablement dans de premières études chez des patients BPCO, avec des taux de biomarqueurs antiviraux apparus comme favorables.
Méthodologie
Une étude britannique de phase 2 multicentrique a été conduite pour comparer l’administration quotidienne de SNG001 (6 millions UI) versus placebo durant 14 jours chez des patients adultes ayant un diagnostic de COVID-19 confirmé par RT-PCR (ou par test rapide face à une clinique fortement évocatrice).
Le critère principal de l’étude était l’évolution à 8 semaines de la sévérité de la maladie (selon la classification OMS OSCI cotée de 0 à 8, depuis l’absence de signes d’infection jusqu’au décès).
Principaux résultats
Au total, 101 patients ont été recrutés et randomisés entre les deux groupes (âge moyen 57 ans, 59% d’hommes, 80% d’origine caucasienne, 54% de patients ayant au moins une comorbidité. Les patients du groupe SNG001 avaient une maladie plus grave (77% ayant un score OSCI ≥4 vs 58% dans le groupe placebo). La durée médiane des symptômes de COVID-19 avant le début du traitement était de 10 jours.
Par rapport au groupe placebo, les patients du groupe SNG001 avaient une probabilité d’amélioration clinique à 28 jours plus que doublée à J15 ou 16 (odds ratio OR 2,32 [1,07-5,04], p=0,033) et plus de trois fois supérieure à J28 (3,15 [1,39-7,14], p=0,006).
La probabilité de développer une forme grave de COVID-19 ou de décès était réduite de presque 80% (OR 0,21 [0,04-0,97], p=0,046) en per protocole. Mais l’analyse en intention de traiter conduisait à un résultat non significatif (72,0% OR 0,28 [0,07–1,08], p=0,064).
En termes de tolérance, 26 (54%) patients du groupe SNG001 et 30 (60 %) du groupe placebo ont eu des effets indésirables liés au traitement (principalement des céphalées). Les effets indésirables graves les plus fréquents étaient l’insuffisance respiratoire (trois dans le groupe SNG001 contre six dans le groupe placebo) et la pneumonie (trois dans chaque groupe).