[INFOGRAPHIE] - JO du 17 novembre : Nouvelle stratégie de détection du COVID-19


  • Nathalie Barrès
  • Actualités Médicales
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Actualisation de la stratégie de dépistage des patients suspectés de COVID-19

Actualisation de la stratégie de dépistage des patients suspectés de COVID-19

Suite à la publication d'un nouvel arrêté au Journal Officiel le 17 novembre 20201, la stratégie de détection des cas COVID-19 a été actualisée. Les nouvelles informations du 17 novembre 2020 viennent compléter la mise à jour des recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) de prise en charge de premier recours des patients suspectés de COVID-19 du 5 novembre 20202.
 
Nouvelles informations liées au JO du 17 novembre 2020 :
- Le test reste prioritairement réservé aux personnes symptomatiques et doit être utilisé dans un délai inférieur ou égal à quatre jours après l’apparition des symptômes. La mention « si résultats RT-PCR non disponibles dans les 48h00 » disparaît.
- Ces tests peuvent être réalisés chez des sujets asymptomatiques si les professionnels habilités à le réaliser l'estiment nécessaire, à l’exclusion des personnes contacts et des personnes identifiées au sein d’un cluster.
- L’enregistrement des résultats (positifs et négatifs) doit être fait le jour même du test dans le système dénommé « SI-DEP ».
- Si le résultat du test antigénique est négatif chez un sujet symptomatique de 65 ans et plus et/ou qui présente au moins un facteur de risque de COVID-19 grave, il est recommandé de réaliser un test par RT-PCR pour confirmer le résultat.
- Il convient de remettre au patient un document sur la conduite à tenir en cas de résultat positif ou négatif.

 

Recommandations HAS de prise en charge de premier recours des patients suspectés de COVID-19 (mise à jour au 5 novembre 2020) :

Afin de renforcer la lutte contre l’épidémie par le SARS-CoV-2, les tests antigéniques complètent les tests par RT-PCR dans certaines situations bien définies. Ils peuvent maintenant être réalisés par les médecins, pharmaciens et infirmières. La HAS (Haute Autorité de Santé) a actualisé ses recommandations pour l’utilisation des tests en fonction du profil du patient. 

Chez un patient symptomatique, se poser la question « Est-ce qu’il y a des facteurs de risque de forme grave de COVID-19 ? »

  1. Un patient symptomatique avec facteurs de risque de COVID-19 grave doit bénéficier d’un test par RT-PCR, qui reste le test de référence.

Les facteurs de risque de forme grave de COVID-19 sont notamment3 : l’âge de 65 ans ou plus de 65 ans, l’obésité, le diabète non équilibré ou compliqué, les antécédents de maladies cardiovasculaires, les pathologies chroniques respiratoires, l’insuffisance rénale chronique, le cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie), l’immunodépression congénitale ou acquise.

  1. Patient symptomatique sans signe de gravité :
  • S’il est vu en consultation entre J1 et J4 après le début des symptômes, il pourra bénéficier d’un test antigénique si le résultat du test RT-PCR ne peut être disponible dans les 48h. Si le résultat du test antigénique est négatif, et si le patient à 65 ans ou plus et/ou présente un facteur de risque de COVID-19 grave, il faudra retester par RT-PCR.
  • S’il est vu en consultation entre J5 et J7 après le début des symptômes, il conviendra de réaliser un test par RT-PCR dès que possible.
  • Au-delà de 14 jours après le début des symptômes, un test sérologique pourra être pratiqué en cas de test RT-PCR négatif ou en l’absence de RT-PCR.

Chez tout patient symptomatique il convient de mettre en place un traitement symptomatique et une surveillance. Celle-ci doit être renforcée entre J6 et J12 en particulier chez les patients qui sont à risque de COVID-19 grave.

Chez un patient asymptomatique, se poser la question : « Est-ce qu’il a eu un contact étroit avec le sujet identifié comme porteur du COVID-19 ? »

  1. Si la personne a eu un contact étroit (ex. résident au sein du même foyer) il est recommandé de réaliser dès que possible un test RT-PCR pour réduire au maximum le risque d’exposition de l’entourage.
  2. Si la personne n’a pas eu de contact étroit, il convient de réaliser entre J5 et J7 un test RT-PCR par prélèvement naso-pharyngé.

Quelques points d’attention

Certaines situations physiologiques ou pathologiques peuvent rendre le prélèvement nasopharyngé difficile ou non réalisable : jeune enfant, hémophilie, etc. Dans ce cas, un prélèvement salivaire pour RT-PCR sera réalisé.

Dans tous les cas, face à un résultat de test RT-PCR ou antigénique positif, il faut mettre en place le contact-tracing et la surveillance.

Isolement

Pour tout patient la prise en charge ambulatoire passe par l’isolement durant 7 jours, quelle que soit sa situation parmi les suivantes :

  • Résultat de test RT-PCR positif ou antigénique positif
  • En attente d’un résultat de test par RT-PCR
  • En cas de survenue de symptômes durant les 7 jours suivant un contact à risque quel que soit le résultat des tests éventuellement 

Quand débuter cet isolement de 7 jours ?

  • Pour les cas suspects en attente de résultat de test : à partir du jour du début des symptômes, sans attendre le résultat
  • Pour les cas asymptomatiques, à partir du jour de la date du prélèvement lorsque le résultat du test revient positif
  • Pour les personnes-contact : à partir du jour du contact avec un cas confirmé. L’isolement sera poursuivi si le résultat du test RT-PCR qui devra être réalisé à J5-J7 est positif

Quelques rappels en bref :

  • La durée médiane d’incubation du COVID-19 est de 5-6 jours (14 jours maximum).
  • Une personne est contagieuse en moyenne durant 8 jours (dont 2 jours avant le début des symptômes).
  • Les principaux signes cliniques sont : respiratoires, mais il faut garder en tête des manifestations moins fréquentes (neurologiques, cognitives, cardiovasculaires, digestives, hépatiques, rénales, métaboliques, musculo-squelettiques, psychiatriques, dermatologiques, etc) et/ou une décompensation d’une maladie chronique.
  • Un patient est dans 85% des cas asymptomatique ou paucisymptomatique et dans 15% des cas symptomatique.
  • Les formes graves peuvent l’être d’emblée ou l’aggravation peut survenir après une à deux semaines après l’apparition des premiers symptômes.

Faut-il donner un traitement symptomatique systématiquement ?

La prescription d’un traitement symptomatique peut être envisagée. Le paracétamol est le traitement de première intention pour diminuer la fièvre et soulager la douleur. Il n’y a pas d’indication à prescrire une antibiothérapie en dehors d’une infection bactérienne diagnostiquée. L’initiation d’une corticothérapie n’est pas indiquée chez les patients ayant une forme non-sévère de COVID-19. L’anticoagulation préventive est indiquée seulement pour les patients alités ou à risque thromboembolique.