Influence du cannabis, du tabac, de l’alcool et du café sur le pronostic des patients co-infectés VIH-VHC


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • L’analyse des données de la cohorte ANRS CO13-HEPAVIH conforte l’idée que certains paramètres d’hygiène de vie facilement accessibles pourraient être modulés pour réduire le risque de décès lié ou non lié au VHC, indépendamment du traitement ou de la guérison de l’hépatite chronique.
  • Elle offre également la première exploration du rôle de la consommation de cannabis sur le décès lié au VHC chez les patients co-infectés VIH/VHC.

 

Dans de précédentes analyses, les données issues de la cohorte ANRS CO13-HEPAVIH ont mis en évidence l’influence de certains comportements alimentaires, ou encore de la consommation de certaines substances psychoactives sur l’évolution de la maladie hépatique chez des patients co-infectés par le VIH et le VHC. Parce que les nouveaux traitements de l’hépatite C chronique apportent une guérison dans plus de 95 % des cas, les investigateurs ont posé l’hypothèse que ces différents éléments pourraient avoir plus d’influence qu’auparavant sur la mortalité des patients. Ils ont ainsi analysé les paramètres relatifs aux 77 des 1.028 patients coinfectés décédés durant le suivi.

Ainsi, la consommation régulière ou quotidienne de cannabis, le fait de ne jamais avoir fumé de tabac et une consommation élevée de café étaient associées à une diminution de la mortalité liée au VHC, alors que les antécédents d’hépatocarcinome, de greffe hépatique et les sujets très maigres ou obèses présentaient un risque accru de décès lié au VHC. Un faible nombre de CD4(≤350/mL) conduisait à la même conclusion. Le fait d'avoir un partenaire stable ou un logement confortable étaient associés à un risque moindre de décès non lié au VHC, tandis que la pratique régulière de binge drinking et un VIH au stade SIDA  étaient associés au risque de décès non lié au VHC.

Les auteurs invitent à mieux comprendre les mécanismes impliqués dans ces différentes observations, afin d’évaluer la nature des liens de causalité, notamment concernant le cannabis ou le café. Ils reconnaissent aussi la nécessité d’évoquer avec les patients l’adaptation des différentes consommations ayant une influence sur le pronostic.