Inflammation et risque cardiovasculaire : les enseignements de 2018

  • Moore KJ
  • Nat Rev Cardiol
  • 1 févr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’inflammation constitue depuis quelques années une cible privilégiée dans la prévention des évènements cardiovasculaires liés à l’athérosclérose. Trois points clés ont pu être précisés récemment dans la littérature, comme le résume une revue parue dans Nature Review in Cardiology.

Toutes les approches anti-inflammatoires ne se valent pas

Il y a quelques mois, les données des deux importantes études CANTOS et CIRT apportaient des conclusions contradictoires sur l’opportunité thérapeutique de cibler l’inflammation résiduelle afin de réduire le risque cardiovasculaire (CV). La première avait montré que le canakinumab (un anticorps dirigé contre l’IL-1β qui stimule la production d’IL-6) réduisait de 30% la mortalité (CV et toutes causes) chez les sujets présentant une maladie coronaire stable avec antécédent d’IDM traité par hypolipémiants, lorsqu’ils avaient obtenu une diminution des taux plasmatiques de CRPhs sous les 2 mg/L après initiation du traitement. Sur la base des données observationnelles décrivant un risque CV réduit dans les indications rhumatologiques, le méthotrexate n’a pas permis d’observer un bénéfice comparable dans la précédente indication : il ne réduisait ni les événements CV, ni les taux d’IL-1β, d’IL-6, ou de CRP. Depuis, d’autres études menées notamment avec le darapladib ou le losmapimod ont aussi conclu à cet absence d’intérêt.

L’inflammation reste-t-elle une cible en cas de normalisation des paramètres lipidiques ?

SPIRE-1 et SPIRE-2 constituent deux études menées chez des sujets à haut risque traités par statines à moyenne ou haute intensité et par bococizumab. Malgré l’amélioration des paramètres lipidiques, les modifications des taux de CRPhs étaient globalement minimes, et étaient associées à la survenue ultérieure d’évènements CV. Ces résultats soulignaient le rôle clé de l’inflammation comme facteur de risque résiduel.

Rôle de l’IL-1β dans la reprogrammation épigénétique des cellules immunitaires

Sur un plan plus fondamental, l’inflammasome NLRP3, qui est un complexe protéique pro-inflammatoire intracellulaire, a été décrit comme ayant un rôle essentiel dans l’athérosclérose et la production de l’IL-1β. La voie NLRP3-IL-1β a ainsi été décrite dans le développement d’une mémoire de l’immunité innée impliquée dans la réponse inflammatoire. Par ailleurs, d’autres travaux suggèrent que l’IL-1β joue un rôle important dans l’augmentation de l’inflammation en réponse à une alimentation riche en cholestérol, même si ce dernier est normalisé.