Infertilité, fausse-couche et enfant mort-né : 3 situations à risque d’AVC chez la mère !

  • Liang C & al.
  • BMJ

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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L’analyse des données de plus de 600.000 femmes souligne l’existence de risques à ne pas négliger en pratique quotidienne. 

À retenir

  • L’infertilité, des antécédents d’au moins trois fausses couches et la naissance d’au moins deux enfants mort-nés sont des évènements associés au risque d’AVC fatal ou non chez la mère.
  • Cela signifie que la récidive de grossesses qui n’atteignent pas le terme devrait être considérée comme un facteur de risque d’AVC chez la femme concernée.

Pourquoi est-ce important ?

Jusqu’à présent les liens entre infertilité, fausse-couche, mortalité à la naissance et la survenue d’un AVC chez la mère n’étaient pas clairs. Cette large étude souligne la force de l’association pour AVC fatals ou non. Ces données sont importantes car chaque année près de 3 millions de femmes décèdent d’un AVC à travers le monde, engendrant un nombre conséquent d’années de vie en bonne santé perdues. Si des facteurs de risque ont été identifiés (tels que l’obésité, l’hypertension, le diabète), ils restent insuffisants pour expliquer la différence de risque entre les hommes et les femmes. L’infertilité, les fausses-couches et les enfants mort-nés peuvent augmenter le risque d’AVC via les troubles endocriniens associés (faibles taux d’estrogènes et résistance à l’insuline), l’inflammation systémique, la dysfonction endothéliale, les troubles psychologiques.

Méthodologie

La recherche a été effectuée à partir des analyses groupées de données individuelles issues de huit études de cohortes prospectives issues de sept pays (Australie, Chine, Japon, Pays-Bas, Suède, Royaume-Uni, États-Unis) participants au consortium InterLACE (International Collaboration for a Life Course Approach to Reproductive Health and Chronic Disease Events). Les AVC non fatals ont été identifiés via des questionnaires auto-administrés et des données hospitalières. Les AVC fatals ont été identifiés via les registres de mortalité.

Principaux résultats

Au global, les données de 618.851 femmes âgées de 32 à 73 ans ayant eu un AVC fatal ou non et pour lesquelles étaient disponibles des informations concernant l’infertilité, l’existence de fausse-couche ou la naissance d’un enfant mort-né ont été incluses dans les analyses. Le suivi médian était de 13 ans pour les AVC non fatals et de 9,4 ans pour les AVC fatals.

Sur l’ensemble de la population, 17,2% des femmes avaient des antécédents d’infertilité, 16,6% de fausse-couche et 4,6% de naissance d’un enfant mort-né. Parmi toutes les femmes, 2,8% de femmes (n=9.265) avaient eu un AVC non fatal et 0,7% un AVC fatal. L’âge médian du premier AVC non fatal était de 62 ans et l’âge médian de l’AVC fatal de 71 ans.

Après ajustement sur l’hypertension, l’origine ethnique, l’indice de masse corporelle (IMC), le tabagisme, le niveau d’éducation et d’étude, l’infertilité a été associée à une augmentation du risque d’AVC non fatal de 14% (hazard ratio (HR) 1,14 [1,08-1,20]). La récidive de fausses couches (au moins 3) a été associée à une augmentation de 35% et 82% du risque d’AVC non fatal et fatal respectivement (HR 1,35 [1,27-1,44]) et HR 1,82 [1,58-2,10]).

Un enfant mort-né et la récidive de cet événement augmentaient le risque d’AVC non fatal chez la mère de 31% et 26% respectivement (HR 1,31 [1,10-1,57] et HR 1,26 [1,15-1,39]).

Si les fausse-couches étaient plus à risque d’AVC indifféremment fatal ou non et de type ischémique ou hémorragique, l’infertilité était plutôt associée au risque d’AVC non fatal de type ischémique et la récidive d’enfant mort-né à l’AVC fatal de type hémorragique.

Principales limitations

Les informations concernant l’infertilité, les fausses-couches et les naissances d’enfants mort-nés ont été collectées via des questionnaires et peuvent souffrir de biais.