Infections ostéo-articulaires : quelle dynamique depuis la labellisation des centres en 2009 ?

  • Laurent E & al.
  • Med Mal Infect
  • 1 juin 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon l’analyse des données du PMSI en 2008 et 2013, les infections ostéo-articulaires (IOA) ont un impact croissant en France, avec une prévalence et un coût en hausse (70 contre 55 cas pour 100.000 personnes et  2.000 euros supplémentaires par séjour depuis 2008).
  • L’épidémiologie des cas recensés montre toutefois une relative stabilité du profil des sujets concernés et un nombre d’IOA codées comme sévères encore limité (7,5%)

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

L’incidence des IOA progresse dans les pays occidentaux, sous le coup du vieillissement de la population et de l’augmentation du recours aux arthroplasties. C’est dans ce contexte que les centres de références ont été labellisés en 2009, afin notamment d’améliorer la prise en charge des cas complexes et sévères. Puisqu’il n’existe pas de registre français des IOA, il est utile de conduire une étude sur la base du PMSI afin d’évaluer les tendances cliniques et économiques liées à ces infections entre 2008 et 2013.

Principaux résultats

  • En 2013, 48.386 sorties d’hospitalisation pour IOA ont été recensées, soit respectivement 30% et 42% d’augmentation dans les centres non spécialisés et dans les centres de référence par rapport à 2008.

  • Le nombre de patients infectés par une IOA était de 37.252, dont 35% étaient des IOA sur matériel (vs 33% en 2008) et 7,5% étaient des cas complexes. La prévalence globale des IAO était de 70 pour 100.000 habitants en 2013, contre 55 pour 100.000 en 2008.

  • Les hospitalisations pour IOA de 2013 (dont 18,3% étaient des réhospitalisations) concernaient des sujets plus âgés qu’en 2008 (65,4 vs 63,1 ans) et surtout des hommes (sex-ratio H/F de 1,6, avec un âge moyen supérieur de 7 ans pour les femmes). Dans près d’un cas sur deux l’IOA était une arthrite septique (vs 52,9% en 2008) et, dans plus d’un cas sur trois, une ostéomyélite (37% vs 34,0% en 2008).

  • Par rapport à l’ensemble des cas, les IOA sur matériel survenaient à un âge légèrement plus élevé et nécessitaient plus fréquemment une prise en charge chirurgicale ou une réhospitalisation.

  • Les IOA complexes concernaient plus fréquemment des infections sur matériel que des infections natives (12,5% vs 3,5%). Dans les centres de référence, elles concernaient 20% des séjours encodés, dont 34% des IOA sur matériel.

  • L’existence d’au moins une comorbidité concernait 70% des sujets présentant une IOA en 2013, contre 47% en 2008 et le taux de létalité lié aux IOA était de 5,2% (contre 4,6% en 2008). Les sujets concernés avaient un risque 7,7 fois plus élevé de décéder durant l’hospitalisation que les autres.

  • Au total, 68,5% des codages étaient associés à au moins un pathogène (74,6% impliquant un seul pathogène), avec l’identification de Staphylococcus spp. dans 68,9% des cas.

  • Sur le plan médico-économique, 62% des patients atteints d’IOA ont été renvoyés chez eux, contre 67% en 2008, et la durée moyenne du séjour était, comme en 2008, de 17,5 jours (21 jours en cas de comorbidité, notamment en cas d’endocardite, d’infection urinaire, de prostatite ou de dénutrition). Ainsi, le coût total lié aux cas d’IOA de 2013 était de 450 millions d'euros, contre 259 en 2008. Le coût moyen du séjour a augmenté de 2.000 euros depuis 2008 pour atteindre 8.704 euros.

Principales limitations

Des erreurs de codage ont pu avoir lieu et celui concernant les IOA complexes, qui était récent en 2013, n’a peut-être pas été exhaustivement utilisé pour tous les cas correspondants.