Infections invasives à méningocoque : nouvelles recommandations de prophylaxie autour d’un cas

  • 30 oct. 2018

  • Marie Torre
  • Actualités Médicales
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A retenir :

  • Les recommandations de prophylaxie autour d’un cas d’infection invasive à méningocoque (IIM) ont évolué.
  • L’identification des signes cliniques initiaux peut permettre un diagnostic précoce avant l’apparition de complications. L’important est d’administrer en urgence un antibiotique de la classe des céphalosporines de 3ème génération, l’amoxicilline ne doit plus être utilisé.
  • Le tableau de vaccination autour d’un cas d’IIM a été mis à jour en fonction du sérogroupe de méningocoque et des antécédents de vaccination des sujets contacts. La vaccination complète l’antibioprophylaxie lorsque la souche responsable du cas est d’un sérogroupe contre lequel existe un vaccin.

 

 

La nouvelle instruction (DGS/SP/2018/163 du 27 juillet 2018) concernant la prophylaxie des infections invasives à méningocoque (IIM) met à jour la version antérieure datant de 2014. Depuis 2014, plusieurs évolutions ont été prises en compte :

  • Les cas d’infection par une souche de méningocoque de sérogroupe W associée à une létalité élevée sont en augmentation
  • Les recommandations d’antibiothérapie pour le cas index ont été modifiées, avec un usage exclusif des céphalosporines de 3ème génération (suppression de l’amoxicilline)
  • Les recommandations vaccinales ont évolué (vaccination obligatoire contre le méningocoque de sérogroupe C à l’âge de 5 mois avec un rappel à l’âge de 12 mois ; le vaccin tétravalent conjugué peut être utilisé dès l’âge de 6 semaines ; le vaccin bivalent A+C n’est plus recommandé autour d’un cas).

 

La nouvelle instruction se présente sous forme d’un guide pratique sur la conduite à tenir devant un ou plusieurs cas d’IIM. Les autorités reviennent sur une transmission possible, mais rare, par voie sexuelle et sur les principaux éléments cliniques destinés à alerter les professionnels de santé de l’existence de présentations cliniques atypiques susceptibles de conduire à un retard diagnostic. Les infections invasives à méningocoque sont imprévisibles, leur diagnostic est difficile car les symptômes inauguraux sont souvent atypiques et non spécifiques. L'amoxicilline ne doit plus être utilisé dans ce contexte.

Principale nouveauté des recommandations 2018, le tableau de vaccination des sujets contacts a été mis à jour en fonction du sérogroupe de méningocoque et des antécédents de vaccination. L’objectif de la vaccination post exposition n’est que de procurer une protection rapide. Pour les contacts d’un cas d’IIM A, Y ou W (et C pour les enfants de 6 semaines à 2 mois), seule la première dose de vaccin tétravalent sera administrée aux enfants de moins de 12 mois pour lesquels le schéma vaccinal avec un vaccin quadrivalent ACYW requiert plusieurs doses. La vaccination contre le méningocoque C sera ensuite réalisée, conformément aux recommandations du calendrier des vaccinations pour ces enfants. En revanche, les personnes non antérieurement vaccinées contre le méningocoque de sérogroupe C ayant reçu à partir de l’âge de douze mois une dose de vaccin tétravalent, seront considérées comme à jour de leur vaccination contre le méningocoque de sérogroupe C.