Infections bactériennes persistantes : un nouveau mécanisme identifié


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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La persistance bactérienne, qui se distingue de la résistance bactérienne, représente un problème majeur de santé publique à l’origine d’échecs de traitements antibiotiques. Cette persistance désigne la capacité de bactéries à survivre à des doses élevées d’antibiotiques, sans pour autant être résistantes. Pour cela, elles ralentissent leur croissance, comme si elles entraient en hibernation, ce qui les rend tolérantes aux antibiotiques. À l’arrêt du traitement, certaines de ces bactéries sont alors capables de se multiplier à nouveau, entraînant un risque de rechute et d’infections bactériennes chroniques.

Quel est le mécanisme impliqué ?

Des chercheurs français (INSERM et Université de Rennes 1), en collaboration avec une équipe basée en Suisse, ont mené des travaux sur les infections bactériennes persistantes à staphylocoque doré. Ils ont ainsi découvert un nouveau mécanisme permettant d’expliquer l’entrée en persistance de ces bactéries.

Ces travaux, publiés dans la revue Nature Microbiology , ont permis d’identifier chez les staphylocoques dorés un ARN non codant, c’est-à-dire non traduit en protéines, désigné sous le nom d’antitoxine SprF1. Une fois positionné sur les ribosomes, cet ARN diminue la synthèse des protéines pendant la croissance de la bactérie, ce qui favorise la formation de bactéries persistantes (en hibernation) qui deviennent insensibles aux antibiotiques et responsables d’infections chroniques.

Ces résultats ont fait l’objet d’un dépôt de brevet européen. Ils pourraient permettre de développer une nouvelle classe d’anti-infectieux ciblant les bactéries persistantes en agissant sur l’antitoxine SprF1.