Infection, fibrillation atriale et traitement anticoagulants aux urgences

  • Hansen TG & al.
  • Am J Med
  • 9 août 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

  • Cette étude indique que 13,6% des patients traités aux urgences pour infections ont une fibrillation atriale. Pour environ 40% d’entre eux, il s’agirait d’un nouvel épisode de fibrillation atriale et seulement 23,1% de ces patients auraient un traitement par anticoagulant initié durant leur suivi hospitalier. Cependant, les données recueillies ne permettent pas de déterminer pour combien de ces patients la fibrillation atriale s’est résolue durant le suivi hospitalier, ce qui pourrait en partie expliquer la faible prise en charge par anticoagulant.
  • Les résultats de l’étude présentée ici montrent que le sur-risque d’AVC à un an chez ces sujets serait lié à l’âge, au sexe et au score CHA2DS2-VASc mais pas à la survenue d’un nouvel épisode de fibrillation atriale. 

Pourquoi cette étude est intéressante ?

La Société Européenne de cardiologie recommande l’initiation d’un anticoagulant chez les sujets en fibrillation atriale et à risque modéré à sévère d’AVC (CHA2DS2-VASc ≥1), alors que les recommandations américaines préconisent un traitement anticoagulant seulement pour les patients à risque élevé d’AVC.

La fibrillation atriale et l’infection sont individuellement des facteurs de risque d’AVC ischémique, d’insuffisance cardiaque et de décès. Une précédente étude avait suggéré que 16% des sujets se présentant aux urgences avec une infection et une fibrillation atriale avaient 4 fois plus de risque d’événements cardiovasculaires majeurs dont un AVC dans les 90 jours.

Cette étude est intéressante car elle offre des données sur le risque d’AVC chez des sujets hospitalisés aux urgences pour infection et fibrillation atriale et permet de faire prendre du recul sur les associations entre les trois pathologies au regard du sexe, de l’âge et du score CHA2DS2-VASc.

Méthodologie

Cette étude a été menée au sein de quatre départements d’urgences au Danemark et en Suède. La fibrillation atriale des patients était diagnostiquée à l’ECG à leur arrivée aux urgences. Les sujets ont été suivis durant 12 mois à partir de l’initiation d’un traitement anticoagulant, 

Principaux résultats

Un peu plus de 15.000 individus présentant une infection ont été inclus dans les analyses (48,7% d’hommes, âge médian 71 ans). Parmi la population incluse, 13,6% (n=2.107) avaient une fibrillation atriale. Pour 39,0% (n=822) de ces individus, il s’agissait d’un nouvel épisode de fibrillation atriale, et leur score moyen CHA2DS2-VASc était de 3. Parmi les patients avec une infection, 61,0% (n=1.285) avaient une fibrillation atriale précédemment diagnostiquée et 56,0% (n=719) n’étaient pas sous anticoagulant.

Le risque absolu d’AVC à un an chez les patients non traités par anticoagulant et ayant une infection et un nouvel épisode de fibrillation atriale était de 2,7% (hazard ratio de 1,4 [0,9-2,3] par rapport à ceux sans fibrillation atriale). Ce risque d’AVC à un an était similaire chez les sujets infectés sans fibrillation atriale après ajustement sur l’âge et l’âge et le CHA2DS2-VASc. Ainsi, il était principalement lié au sexe, à l’âge et au score CHA2DS2-VASc plutôt qu’à la présence d’un nouvel épisode de fibrillation atriale.