Infarctus sur cardiomyopathie hypertrophique : quel pronostic ?

  • Dr Catherine Watkins

  • JIM Actualités médicales
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Parmi les complications reconnues de la cardiomyopathie hypertrophique (CMH), figure l'infarctus du myocarde (IDM). Les données purement descriptives sur cette association qui n'est pas très fréquente, sont peu nombreuses. Quel est le pronostic de l'IDM en présence d'une CMH sous-jacente ? C'est à cette question que répond une étude de transversale dans laquelle ont été inclus, pour la période 2003-2011, 5 901 827 patients issus de bases de données étatsuniennes et tous atteints d'un IDM constitué. Une CMH concomitante a été diagnostiquée chez 5 688 d'entre eux (0,1 %), selon les critères échocardiographiques en vigueur, ce qui confirme la rareté de l'association. Une cohorte séparée a été ainsi constituée et une analyse multivariée par régression logistique multiple a été appliquée pour préciser les caractéristiques et le pronostic de l'IDM associé à une CMH.

Les patients atteints de cette cardiopathie avaient un profil particulier : plus âgés, plus volontiers de sexe féminin et moins exposés aux classiques facteurs de risque cardiovasculaire. Chez ces malades, l'IDM se présentait plus souvent avec une absence de sus-décalage du segment ST, par rapport aux participants indemne de toute CMH. L'existence d'une CMH conduisait à un moindre recours à l'angioplastie primaire. Sur l'ensemble des patients, la mortalité hospitalière s'est avérée similaire dans les deux groupes, l'odds ratio (OR) étant en effet estimé à 0,96 (intervalle de confiance à 95 %, IC95, 0,84-1,11 ; p = 0,59). En revanche, si l'on se réfère aux seuls IDM s'accompagnant d'un sus-décalage du segment ST, l'existence d'une CMH était associée à une moindre mortalité hospitalière, l'OR correspondant étant en effet de 0,75 (IC95, 0,63-0,91 ; p = 0,003). En l'absence de ce signe électrocardiographique, le risque de décès s'avérait comparable dans les deux groupes (OR = 0,97 ; IC95, 0,63-0,91 ; p = 0,63).

Cette étude d'épidémiologie descriptive montre que la CMH est très rarement rencontrée chez les patients victimes d'un IDM (0,1 %). La revascularisation myocardique est moins pratiquée face à cette association. En outre, il semble que le pronostic soit plus favorable en termes de mortalité hospitalière, tout au moins quand l'IDM s'accompagne d'un sus-décalage du segment ST. Ces particularités tiennent au moins en partie au profil démographique et clinique de la CMH qui incite à une prise en charge quelque peu différente de celle réservée à l'IDM « tout venant ».