Individualisation des biothérapies du psoriasis : l’étude OPTIMISE répond

  • Reich K & al.
  • Br J Dermatol

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

OPTIMISE est la première étude d’envergure à avoir évalué s’il était possible d’ajuster la posologie du sécukinumab chez des sujets présentant un psoriasis modéré à sévère, lorsqu’ils étaient répondeurs (atteinte PASI90) ou atteignaient une réponse suboptimale (sujets dont le PASI était compris entre 75 et 90). Elle confirme que le schéma d’administration recommandé (toutes les 4 semaines) est supérieur à un régime de doses plus espacées (toutes les 6 semaines) chez les sujets PASI90. Les PASI≥75 et <90 semblent présenter une meilleure réponse lorsque le traitement est répété toutes les 2 semaines (vs 4 semaines), bien que la significativité statistique ne soit pas atteinte. De la même façon, certains sous-groupes de patients (>90 kg pour les PASI ≥75 et <90, femmes ou patients non naïfs pour les PASI90) semblent pouvoir bénéficier de l’ajustement thérapeutique testé, mais ces approches nécessitent des études complémentaires afin d’être confirmées.

Méthodologie

OPTIMISE est une étude randomisée ouverte (en aveugle du point de vue de l’évaluateur) multicentrique internationale menée dans 202 centres européens. Des sujets 18 ans présentant un psoriasis chronique en plaques modéré à sévère ont été inclus. Ils étaient traités par sécukinumab 300 mg SC 1 fois par semaine (S1 à S3) puis toutes les 4 semaines durant 24 semaines. À l’issue de cette période, ceux qui étaient répondeurs PASI90 étaient randomisés entre un traitement par sécukinumab 300 mg SC toutes les 4 ou toutes les 6 semaines (q4s et q6s). Ceux qui étaient répondeurs PASI75 et <90 étaient randomisés entre un traitement par sécukinumab 300 mg SC toutes les 4 ou toutes les 2 semaines. Dans tous les cas, le traitement était maintenu jusqu’à la semaine 52.

Principaux résultats

  • Parmi les 1.648 patients inclus, initialement, 121 ont abandonné l'étude (principalement pour manque d’efficacité, n=48). L'âge moyen était de 43,1 ans et 71,1% étaient des hommes. Parmi ces sujets, 1.513 ont pu atteindre la seconde phase, dont 1.306 (79,3%) présentaient une réponse PASI 90 à la semaine 24 et 206 (12,5%) une réponse PASI≥ 75 à <90.

  • Parmi les répondeurs PASI90 à S24, 85,7% de ceux placés sous schéma q4s restaient répondeurs PASI90 contre 74,9% de ceux sous schéma q6s (OR: 1,91 [1,44-2,55]). Le risque de perte de réponse PASI90 était supérieur pour le groupe q6s (33,1% vs 18,5%, p<0,0001, HR: 0,53 [0,42-0,67]), même si les femmes, les 65-75 ans et les patients non naïfs présentaient des différences de risque bien plus faibles (5,85%, 3% et 1,3% respectivement).

  • Parmi les répondeurs PASI ≥ 75 à <90 à S24, 46,5% de ceux placés sous schéma q4s devenaient répondeurs PASI90 après randomisation, contre 56,5% de ceux sous schéma q2s (OR: 0,62 [0,35-1,10], NS). Le risque de perte de réponse PASI75 était supérieur pour le groupe q4s (47,4% contre 41,3% pour le groupe q2s, p<0,0001, HR: 1,73 [1,01-2,97]). Les sujets <90 kg étaient plus susceptibles d’atteindre une réponse PASI90 avec une administration toutes les 4 semaines (60,7%) par rapport aux sujets ≥ 90 kg (39,6%, P = 0,0486).

  • En termes de qualité de vie, une diminution a été observée dans le groupe q6s par rapport au groupe q4s, tandis que dans le groupe PASI ≥ 75 à <90, le changement était en faveur du schéma q2s.

Principales limitations

L’orientation vers l’un des deux groupes de randomisation a été posée à partir d’une seule mesure et d’un seul temps de réponse à la 24e semaine.

Financement

L’étude a été financée par Novartis Pharma AG.