Incontinence urinaire : que savez-vous des protections ?

  • Miget G & al.
  • Prog Urol
  • 22 oct. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Si la prise en charge de l’incontinence urinaire est bien codifiée, le recours aux protections reste mal appréhendé et non précisé par les recommandations, notamment par manque d’études spécifiques. Progrès en Urologie publie une revue de la littérature sur le sujet.

Quels palliatifs existent-ils ?

  • Afin de collecter l’urine émise par les épisodes d’incontinence, il existe deux types de produits : les produits non absorbants, à l’image de l’étui pénien ou des poches collectrices, et les protections qui sont des produits absorbants (couches, serviettes…) jetables ou réutilisables.

  • Dans l’incontinence urinaire légère, quatre types de produits peuvent être utilisés : serviettes hygiéniques lavables ou jetables, protections menstruelles, serviettes hygiéniques lavables et culottes lavables avec serviette hygiénique lavable intégrée. Les formes coquilles sont des protections anatomiques utilisables chez l’homme.

  • Dans l’incontinence urinaire plus importante, quatre types de produits peuvent être utilisés : couches simples, couches en T, couches-culottes et protections anatomiques à haut pouvoir absorbant.

  • Tous se distinguent par leur pouvoir et leur vitesse d’absorption, leurs composition et design. La revue propose des tableaux comparatifs de leurs performances. Elle rappelle que les protections ne sont pas prises en charge par l’Assurance Maladie en France, contrairement à la plupart de nos voisins.

Préférences des patients

  • Les serviettes hygiéniques sont les produits les mieux acceptés par les patientes selon une étude ayant comparé les 4 produits utilisables dans l’incontinence urinaire légère dans un groupe de 85 femmes.

  • Une autre étude a comparé les différents produits utilisables dans les stades modérés à sévères d’incontinence. Aucun produit ne semblait supérieur aux autres, mais la couche-culotte et la couche simple étaient les produits respectivement préférés des femmes et des hommes. À noter que les hommes avaient une préférence pour les étuis péniens par rapport aux produits absorbants.

  • Dans les deux contextes cliniques, les produits lavables étaient relativement mal acceptés des patients.

Bénéfice-risque

  • Selon une étude menée spécifiquement sur le sujet, le recours à des protections améliore l’indépendance et la qualité de vie liée à l’incontinence urinaire. Cependant, le nombre d’études médicales comparatives, et médico-économiques reste faible et nécessiterait un effort afin d’étayer l’évidence clinique.

  • Les évolutions technologiques ont permis de réaliser des progrès quant à la tolérance des protections, notamment cutanée : dermatite associée à l’incontinence, allergies de contact, ainsi que dermatoses ou escarres dont la survenue est favorisée par le port de protection chez le sujet âgé. L’utilisation de produits d’hygiène doux, d’émollients, de nettoyants sans rinçage non détergents est préconisée pour prévenir ces complications. Parallèlement, le risque d’infections urinaires est accru parmi les usagers des protections, notamment ceux institutionnalisés.

Éléments de discussion

  • Les serviettes hygiéniques et les protections sont souvent utilisées par les femmes de façon non spécifique et sans conseil médical particulier, du fait de leur familiarisation avec le produit au cours de leur vie. Les hommes, en revanche, sont plus demandeurs d’un avis ou d’un conseil médical, et se prononcent plus volontiers pour une prise en charge curative.

  • Chez le sujet âgé à domicile, l’entourage personnel est parfois celui qui prend la décision de recourir aux protections. Par ailleurs, en institution, ce choix est souvent posé par les soignants. In fine, il n’est pas rare que ces patients ne soient pas impliqués directement dans le recours aux produits absorbants et que leurs préférences soient négligées. Un dialogue doit être instauré en l’absence de troubles cognitifs, afin d’optimiser le choix et l’acceptabilité de ces palliatifs, qui peuvent être utilisés, selon les situations, de façon transitoire ou définitive. Une étude a notamment décrit leur préférence pour un recours aux mictions programmées ou aux protections, comparativement à l’usage d’alternatives médicamenteuses ou de sondes à demeure.