Incertitudes sur les effets sanitaires de la 5G


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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La 5G est une nouvelle technologie de communication permettant d’augmenter considérablement les débits d’informations échangées. Elle portera non seulement sur les applications de téléphonie mobile à très haut débit, mais aussi sur les objets connectés, qui pourront ainsi « dialoguer » entre eux. Ses usages seront donc très diversifiés, depuis les transports « intelligents » (véhicules autonomes, par exemple) et les villes « intelligentes » (contrôle du trafic routier, gestion des gares, optimisation énergétique, etc) jusqu’à la télémédecine. En France, elle fait l’objet actuellement d’expérimentations, son déploiement commercial étant prévu pour cette année (2020).

Elle s’appuiera sur les bandes de fréquence actuellement utilisées en téléphonie mobile, mais aussi sur deux nouvelles : à 3,5 GHz et 26 GHz. L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a été chargée par les ministères de la santé, de l’environnement et de l’économie de conduire une expertise sur les éventuels effets sanitaires d’une exposition de la population aux champs électromagnétiques produits par cette nouvelle technologie. Elle vient de publier un point d’étape de ses travaux, qu’elle va poursuivre.

L’agence avait déjà conduit plusieurs expertises sur les effets biologiques et sanitaires des fréquences utilisées en téléphonie mobile. Celle de 2013 avait mis en évidence, pour des fréquences comprises entre 800 et 2100 MHz, une augmentation du risque de neurinome du nerf vestibulo-acoustique et de gliome, chez des utilisateurs intensifs et avec un niveau de preuve limité, ainsi qu’une modification physiologique de l’activité cérébrale pendant le sommeil, avec un niveau de preuve suffisant. Celle de 2016 avait montré la possibilité d’effets sur les fonctions cognitives et le bien-être, mais peut-être liés aux téléphones plutôt qu’aux fréquences. L’agence se propose d’évaluer dans quelle mesure et sous quelles conditions ces résultats pourront être extrapolés pour la 5G en ce qui concerne la bande de fréquence 3,5 GHz.

En ce qui concerne la bande 26 GHz, elle rappelle qu’elle a conduit une expertise sur les scanners corporels, qui peuvent utiliser une bande 24-30 GHz. Bien que des effets biologiques soient possibles expérimentalement, aucun effet sanitaire n’avait été mis en évidence. L’agence recommandait cependant la poursuite des travaux. Elle s’interroge aujourd’hui sur la possibilité d’identifier d’éventuels effets sanitaires des fréquences de la bande 26 GHz à partir des quelques rares travaux conduits sur des fréquences comprises entre 20 et 60 GHz. Enfin, elle se demande s’il est possible d’anticiper quelle sera l’exposition des populations aux signaux de la 5G et son impact sanitaire.