Impact de l’origine ethnique sur les antécédents familiaux de DT2

  • Kral BG & al.
  • Diabetes Metab
  • 21 mai 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Le taux de diabète de type 2 (DT2) serait trois fois plus important chez les américains d’origine africaine que chez ceux d’origine européenne. Cependant, la présence d’un parent de premier degré présentant un DT2 ne serait pas un facteur discriminant chez les sujets américains d’origine africaine du fait de la forte prévalence du diabète chez ces sujets. 

Pourquoi est-ce important ?

Les antécédents familiaux de DT2 chez un parent au premier degré (fratrie, père, mère) constituent un important facteur de risque indépendant de DT2. Les facteurs de risque que sont l’âge, la glycémie à jeun, l’obésité, la sédentarité représentent plus de 45% des différences observées entre les personnes d’origine ethnique différente. La majorité des études ont porté sur des américains ayant des ancêtres européens. Peu de données existent sur ceux dont les ancêtres sont africains. D’où l’intérêt de cette étude.

Principaux résultats

À l’inclusion, sur les 1.405 sujets américains inclus, 861 avaient des ancêtres européens et 544 des ancêtres africains. L’âge moyen à l’inclusion était de 46,2 ans et 56% étaient des femmes. Au total, 12,3% de ceux ayant des ancêtres européens et 19,1% de ceux ayant des ancêtres africains ont développé un DT 2 durant le suivi moyen de 14 ans. L’incidence du DT2 à 10 ans était de 4,0% chez les sujets ayant des ancêtres européens et de 13,8% chez ceux ayant des ancêtres africains (p

Pour les deux populations, l’hypertension, un IMC élevé à l’inclusion, un taux élevé de glycémie ou de triglycérides ainsi qu’un faible taux d’HDL cholestérol et d’activité physique étaient significativement associés à la survenue d’un DT2. Chez ceux dont les ancêtres étaient européens, l’âge avancé, le tabagisme, un taux supérieur de cholestérol total et de LDL étaient également associés à un risque plus élevé de DT2. En revanche, aucune différence significative n’apparaissait à l’inclusion sur la glycémie à jeun quelles que soient les origines ethniques de ceux qui développaient un DT2. 

Parmi ceux qui avaient développé un DT2, l’obésité était plus fréquente chez les sujets dont les ancêtres étaient africains que chez ceux ayant des ancêtres européens. Et 32,6% de ceux ayant des ancêtres européens avaient au moins un parent au premier degré concerné par le DT2 versus 53,1% de ceux ayant des ancêtres africains (p

Après ajustement, l’origine ethnique ne permettait pas d’expliquer à elle seule le risque de survenue d’un DT2. En effet, si tout antécédent familial était lié à la survenue d’un DT2 chez ceux qui avaient un ancêtre européen (HR 2,53) ce n’était pas le cas chez ceux qui avaient un ancêtre africain (HR 1,01). 

Méthodologie

Des frères et sœurs non diabétiques et présentant une coronaropathie précoce ont été inclus et suivis pour évaluer la survenue d’un diabète de type 2.

Principales limitations

Les participants ont été dépistés à partir de la présence d’un diabète basé sur la mesure de la glycémie à jeun à l’inclusion, mais ces mesures n’ont pas été répétées au cours du suivi. Les sujets ayant des origines africaines ont eu un suivi plus court que ceux ayant des origines européennes. La prévalence du DT2 au sein de la population évaluée ne peut pas être extrapolée à la population générale, car les sujets présentaient une coronaropathie, ce qui constitue un facteur de risque de DT2.