Impact de l’IMC sur le cancer du sein métastatique

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  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir

Des questions subsistent sur l’impact de l’IMC sur le pronostic vital en cas de cancer du sein métastatique. C’est pourquoi une étude a été menée via une cohorte suivie par le réseau UNICANCER. Les résultats ont montré que l’insuffisance pondérale – qui concernerait environ 5% des patientes souffrant de cancer du sein métastatique – était un facteur négatif de survie globale et de survie sans progression. Des facteurs d’agressivité (présence de métastases viscérales et plus de sites métastatiques) étaient des facteurs pronostiques négatifs associés à un IMC plus faible. 

Cette étude ne permet cependant pas de mettre en évidence une relation de cause à effet entre un faible IMC et le pronostic vital chez les femmes souffrant de cancer du sein métastatique. Le surpoids et l’obésité ne sont pas apparus comme étant des facteurs prédictifs de la survie chez ces patientes. L’ensemble de ces données nécessiteraient d’être confortées avant de statuer.

Méthodologie

Une cohorte nationale observationnelle ESME-MBC a inclus consécutivement toutes les patientes venant de recevoir un diagnostic de cancer du sein métastatique entre janvier 2008 et décembre 2016 au sein de 18 centres de cancérologie français.

Principaux résultats

Sur les 22.463 femmes incluses, les données d’IMC étaient connues au moment du diagnostic pour 12.999 d’entre elles. Cette seconde population a donc été définie comme étant la population de l’étude. L’âge médian au diagnostic initial du cancer et du cancer du sein métastatique était respectivement de 53 ans et 60 ans.

L’IMC médian à l’inclusion était de 24,9 kg/m2, 20% des femmes étaient obèses, 29% en surpoids et 5% en sous-poids. La fréquence des cancers du sein triple négatif diminuait avec l’augmentation de l’IMC. Un faible IMC était associé à la présence de métastases viscérales et à un nombre de sites métastatiques plus important. La survie globale médiane des femmes était de 47,4 mois (suivi médian 48,6 mois). Les femmes en insuffisance pondérale avaient un plus mauvais pronostic vital que les autres (survie globale médiane 33 mois). La survie des femmes de poids normal était de 47 mois, celles des femmes en surpoids de 49 mois et celle des femmes obèses de 48 mois. L’insuffisance pondérale était également associée à une survie médiane sans progression plus faible : 9,2 mois versus 12,2 mois chez les femmes de poids normal, 12,7 mois chez les femmes en surpoids, et 12,4 mois chez les femmes obèses. En analyse multivariée, l’insuffisance pondérale, la présence de métastases viscérales, la présence de 3 sites métastatiques ou plus, un performance statut entre 2 et 4, un cancer du sein triple négatif étaient des facteurs prédictifs indépendants de la survie sans progression de la maladie.

Limitations

Étude rétrospective sans suivi systématique de l’évolution pondérale. Pas de données non plus sur la composition corporelle.