Impact de l’épidémie de COVID-19 sur la santé mentale des professionnels de santé


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Une enquête menée chez 1.379 professionnels de santé fin mars, quelques jours avant le pic de l’épidémie, suggère un taux élevé de soignants souffrant de dépression, d’anxiété, de stress, d’insomnie et même d’état de stress post-traumatique (ESPT), variable selon le profil sociodémographique, l’activité professionnelle et selon le fait que des collègues aient ou non été touchés par la maladie.

 

Une étude chinoise avait déjà soulevé des préoccupations en matière de santé mentale chez les professionnels de santé au cours de la pandémie de COVID-19. Une équipe italienne a mis sur pied une enquête menée par voie électronique. Au total, 1.379 professionnels ont rempli le questionnaire, qui comportait des questions socio-démographiques, professionnelles ainsi que des questionnaires validés permettant d’évaluer les signes d’ESPT, anxiété, dépression, insomnie et stress perçu.

Les participants avaient un âge moyen de 39 ans et étaient des femmes pour 77,2% d’entre eux. Il s’agissait principalement d’infirmières (34,2%), de médecins généralistes (6,2%) ou d’autres spécialités (31,4%). Parmi eux, 52,6% déclaraient avoir été en première ligne, c’est-à-dire avoir travaillé auprès de patients atteints de COVID-19.

D’après les réponses aux questionnaires, près d’un sur deux avait des signes d’ESPT (49,38%), un quart des signes de dépression (27,73%), et environ 1 sur 5 avait des signes d’anxiété (19,8%) ou de stress perçu élevé (21,9%). Enfin, 8,27% avaient des signes d’insomnie.

Selon l’analyse multivariée, le fait d’être jeune ou d’être une femme augmentait statistiquement le risque d’avoir des signes de l’un ou l’autre de ces troubles. Le fait d’être un soignant de première ligne ou d’être médecin généraliste exposait aussi à un risque accru d’EPST.

Le fait d’avoir ou avoir eu un collègue malade, hospitalisé ou décédé du COVID-19 augmentait le risque d’avoir certains de ces signes, et notamment ceux d’EPST.

Étant donné que les participants étaient volontaires, cette étude présente un biais de sélection significatif. Par ailleurs, la prévalence des différents troubles étudiés avant la survenue de la pandémie n’était pas établie. Cependant, ces données suggèrent que la santé mentale des soignants impliqués dans le COVID-19 est préoccupante et nécessite des démarches adaptées pour en limiter les conséquences à long terme.