Impact à long terme d’un traitement anti-hypertenseur et hypolipémiant

  • Gupta A & al.
  • Lancet
  • 24 août 2018

  • de Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Selon les résultats de l’étude ASCOT Legacy, les sujets ayant reçu un traitement à base d’amlodipine présenteraient moins de décès consécutifs à un AVC et les patients sous atorvastatine moins de décès d’origine cardiovasculaire plus de 10 ans après la fin de l’étude ASCOT dont le suivi moyen était de 5,5 ans. Les résultats suggèrent ainsi que l’association d’un traitement anti-hypertenseur et hypolipémiant offrirait un bénéfice cardiovasculaire à long terme. Les mécanismes en jeu ne peuvent faire l’objet que d’hypothèses de la part des auteurs et nécessitent d’autres études pour être précisés. Le manque d’informations sur les traitements administrés et les comorbidités après arrêt de l’étude ASCOT constitue une limitation importante de l'étude ASCOT Legacy.

Pourquoi cette étude est-elle été menée ?

Face au peu de données sur l’effet des traitements anti-hypertenseurs et des dyslipidémies sur la mortalité cardiovasculaire et globale à long terme chez les patients hypertendus, des chercheurs ont lancé l’étude ASCOT Legacy (Anglo-Scandinavian Cardiac Outcomes Trial).

Méthodologie

ASCOT Legacy est une étude de suivi d’une cohorte de patients issus de l’étude ASCOT. Cette dernière est un essai multicentrique, randomisé présentant un plan factoriel 2x2. Les patients recrutés entre 1998 et 2000 étaient des hommes et des femmes hypertendus, âgés de 40 à 79 ans, ayant au moins trois facteurs de risque cardiovasculaire, mais sans antécédent d’événement coronarien ou cérébro-vasculaire dans les trois mois précédant l'inclusion. Les sujets du bras « anti-hypertenseurs » ont reçu un traitement à base d’amlodipine ou d’aténolol. Puis, parmi ces sujets, ceux ayant un taux de cholestérol total de 6,5 mmol/L ou moins et non traités par statine ou fibrate ont été randomisés pour recevoir de l’atorvastatine ou un placebo (bras « hypolipémiant » de l’étude ASCOT). En fin 2002, le bras hypolipémiant a été arrêté prématurément après un suivi moyen de trois ans et demi, du fait d’avantages substantiels de l’atorvastatine sur le critère principal d’évaluation (IDM non fatal et maladie cardiovasculaire fatale). Ces patients ont continué à être suivis jusqu’à la fin du bras anti-hypertenseur, qui lui aussi a été arrêté prématurément en 2005 après un suivi moyen de 5,5 ans, du fait d’une mortalité significativement supérieure chez les patients sous aténolol par rapport à ceux sous amlodipine. Les sujets de l'étude ASCOT Legacy ont été suivis sur les critères de mortalité cardiovasculaire et globale. 

Principaux résultats

À l’inclusion, la cohorte ASCOT Legacy comprenait 8.580 sujets d’âge moyen 64,1 ans. Au total, 3.282 (38,3%) sont décédés au cours d’une période de suivi moyen de 15,7 ans, dont 38,4% des 4.275 sujets sous traitement à base d’atenolol et 38,1% des 4.305 de ceux sous traitement à base d’amlodipine. Et, 1.768 des 4.305 (53,9%) sujets du bras hypolipémiant, dont 39,5% sous placebo et 37,3% sous atorvastatine sont également décédés au cours du suivi. Parmi tous les décès, 36,9% étaient d’origine cardiovasculaire. 

Parmi les patients du bras antihypertenseur, aucune différence n’a été mise en évidence en ce qui concerne la mortalité toutes causes confondues entre les différents traitements administrés (hazard ratio ajusté (HRa) 0,90 [0,81-1,01], p=0,0776), bien que les décès consécutifs à un AVC étaient moins fréquents sous amlodipine que sous aténolol (HRa 0,71 [0,53-0,97], p=0,0305).

Dans le groupe de patients traités par hypolipémiant, les décès d’origine cardiovasculaire étaient moins fréquents sous atorvastatine que sous placebo (HR 0,85 [0,72-0,99], p=0,0395).

Principales limitations

Après la fin de l’essai, aucune donnée ni sur les traitements anti-hypertenseurs, hypolipémiants ou autres, ni sur les comorbidités dont pouvaient souffrir les patients n’étaient disponibles.

Financement

Laboratoire Pfizer