IMC : quel tour l'effet yoyo joue-t-il sur notre santé cardiovasculaire ?

L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. Inscrivez-vous gratuitement

On sait que la prise de poids et l'obésité constitue un sur-risque cardiovasculaire, tandis que la perte de poids après chirurgie bariatrique le réduit. Mais en pratique, la perte de poids est bien souvent suivie d'une reprise de poids : l'impact de ces fluctuations sur le pronostic fait, lui, encore l'objet de controverses. Pour en savoir plus, des chercheurs viennent de conduire des analyses post-hoc de l'étude TNT (Treating to New Targets) afin d'établir la relation entre les fluctuations du poids et le risque d'évènements cardiovasculaires parmi une cohorte de patients diagnostiqués pour maladie coronarienne.

Méthodologie

  • L'étude TNT avait suivi 10.001 patients présentant une maladie coronarienne et un taux de LDL-c inférieur à 1,3 g/L qui avaient reçu un traitement par 10 ou par 80 mg d'atorvastatine par jour. Ces patients avaient été suivis 3, 6, 9 et 12 mois puis tous les 6 mois pendant une durée médiane de 4,9 ans.

  • Parmi les différentes mesures utilisées pour évaluer la variation intra-individuelle du poids, les auteurs ont sélectionné principalement la variabilité successive moyenne, définie comme la différence absolue moyenne entre les mesures réalisées au cours des visites successives, pour conduire cette étude.

  • Le critère principal de l'étude était composite et rassemblait différents évènements coronariens (décès par coronaropathie, IDM, arrêt cardiaque ressuscité, revascularisation angor). Le critère secondaire était aussi composite (événements cardio- ou cérébrovasculaires, maladie vasculaire périphérique, insuffisance cardiaque, AVC) et événement cardiovasculaire pris individuellement).

  • Quatre modèles d'analyses statistiques ont été utilisés : 1) non ajusté ; 2) ajustement sur le traitement reçu ; 3) ajustement sur les paramètres du modèle précédent associé au poids moyen et au changement de ce dernier ; 4) ajustement sur les paramètres du modèle précédent associé au sexe, à l’origine ethnique, au diabète, à l’hypertension, au statut tabagique, aux comorbidités (IRC, insuffisance cardiaque) et aux valeurs biologiques (HDL-c, LDL-c, TG, CT) dans lequel la variabilité pondérale a été utilisée comme co-variable dépendante du temps.

Résultats

  • Parmi les 9.509 sujets ayant rempli les critères d'inclusion, le poids moyen des patients était de 85±15 kg.

  • Le nombre médian de mesure du poids était de 12 et la variabilité médiane du poids était de 1,76 kg. Ceux qui présentaient une variation totale supérieure à cette valeur étaient en moyenne moins âgés, étaient plus souvent des hommes, fumeurs et présentaient notamment plus souvent une hypertension artérielle, un di...