IMC et mortalité : quoi de neuf ?


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude observationnelle suggèrent que l’augmentation de l’IMC dans une population générale favoriserait l’augmentation de la mortalité toutes causes. En revanche, l’augmentation de l’IMC chez des individus de faible poids (pour se rapprocher d’un poids normal) réduirait le risque de mortalité. L’aspect de la courbe relationnelle entre IMC et mortalité toutes causes varierait par ailleurs en fonction du statut tabagique : allure en "J", avec un effet délétère des faibles poids chez ceux qui ont déjà fumé et relation régulièrement croissante entre IMC et mortalité chez ceux qui n’ont jamais fumé. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Plusieurs études observationnelles de large envergure ont montré une relation en « J » entre l’IMC et la mortalité toutes causes confondues. Les analyses basées sur une approche mendélienne qui utilise les variants génétiques sont moins susceptibles d’être biaisées par des facteurs confondants. D’où l’intérêt de cette étude.

Méthodologie

Au total 77 polymorphismes d’un seul nucléotide ont été sélectionnés comme variables de l’IMC. Une pondération a été associée à chaque participant de deux études évaluées en fonction de la présence des variants génétiques - l'étude norvégienne, Nord-Trøndelag Health – HUNT, (n=56.150) et l’étude britannique UK Biobank, (n=366.385). Les analyses ont tenu compte de la mortalité toutes causes confondues et spécifiquement de la mortalité cardiovasculaire, par cancer, et la mortalité d'origine non-cardiovasculaire et non cancéreuse.

Principaux résultats

Les participants de l’étude HUNT étaient globalement plus jeunes à l’inclusion (49,6 versus 56,7 ans) et avaient un IMC un peu inférieur (26,3 versus 27,4) kg/mpar rapport aux sujets de l’étude Biobank. Au total, 12.015 et 10.344 sujets sont décédés durant le suivi médian de 18,5 ans et 7,0 ans respectivement dans l’étude HUNT et UK Biobank. La proportion de sujets ayant déjà fumé était plus importante dans l’étude HUNT par rapport à la seconde étude (55,9% versus 46,1%).

  • Si globalement toute augmentation génétiquement prédictive d’une unité d’IMC était associée à une augmentation du risque de mortalité de 4%, l’association variait en fonction de l’IMC. En effet, cette augmentation était de 5% chez les sujets en surpoids (IMC 25,0-29,9 kg/m2) et de 9% chez les sujets obèses (IMC ≥30,0 kg/m2). En revanche, c’est une diminution de 34% qui a été constatée chez les sujets en sous-poids et de 14% chez les sujet de poids faible (IMC 18,5-19,9 kg/m2) pour chaque augmentation génétiquement prédictive d’une unité d’IMC.
  • Des analyses en sous-groupes stratifiés selon le statut tabagique ont suggéré que la relation entre l’IMC et la mortalité toutes causes suivait une courbe en « J » chez les individus ayant déjà fumé et une relation toujours croissante chez ceux qui n’avaient jamais fumé.
  • Les analyses ont mis en évidence que le risque le plus faible correspondait à un IMC entre 22 et 25 kg/m2.
  • Les analyses par mortalité spécifique (cardiovasculaire versus cancer versus ni l’un, ni l’autre) suivait une courbe en « J » seulement pour la mortalité d’origine non-cardiovasculaire et non-cancéreuse.

Principales limitations

Cette étude reste une étude observationnelle.