Il n’y a pas de discrimination à dire que les maladies aussi ont un sexe… !


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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La parité n’est pas souvent atteinte en santé

Les hommes meurent plus jeunes que les femmes et ont 20% de cancers en plus que celles-ci. Ils se suicident deux à quatre fois plus, meurent deux fois plus après une fracture de hanche, ont plus de retards mentaux, ou encore d’AVC ischémiques… que les femmes. 

Les femmes quant à elles meurent plus souvent d’une maladie cardiovasculaire que les hommes, sont plus souvent atteintes d’une maladie d’Alzheimer ou d’une autre démence, sont plus souvent concernées par la sclérose en plaque, la dépression, ont 20% de cancer du poumon en plus à âge et consommation tabagique équivalents, et sont plus concernées par l’anorexie, la dépression, l’ostéoporose que les hommes. Pour ne citer que quelques exemples.

Quand l’épigénétique s’en mêle…

L’épigénétique – ou l’influence de l’environnement cellulaire ou physiologique sur l’expression de nos gènes – permet de lire différemment un même gène selon le tissu, l’environnement ou certaines circonstances. Or, il existe des « marques épigénétiques » spécifiques du sexe qui peuvent être influencées par l’environnement physico-chimique ou socio-affectif. L’influence du genre et des autres contraintes sociales marqueront les gènes également à partir de la naissance. Car un individu est bien la résultante d’un « sexe » biologiquement déterminé (garçon/homme ou fille/femme) et d’un « genre » lié à des injonctions sociales et culturelles et désignant les rôles et comportements culturellement déterminés au masculin ou au féminin. 

Ne pas nier les différences de sexe au profit de la parité

L’auteur rappelle que « si la ressemblance, en termes de séquence d’ADN, entre deux hommes ou deux femmes est de 99,9%, la ressemblance entre un homme et une femme n’est que de 98,5% du même ordre de grandeur qu’entre un humain et un chimpanzé, de même sexe… ». Des études ont montré qu’il y avait une différence hommes/femmes statistiquement significative dans l’expression de nos gènes pour environ 30% des gènes exprimés.

Vers une recherche thérapeutique plus sexuée ?

L’immense majorité des études chez l’animal (80%) n’incluent que des mâles. Entre 1997 et 2000, sur 10 molécules retirées du marché, 8 l’ont été suite à des effets secondaires survenus chez des femmes. Les États-Unis et plusieurs pays européens ont pris la décision de ne plus allouer de financements aux études qui n’incluaient pas les deux sexes lorsqu’elles le pouvaient, que ce soit sur l’animal ou l’humain. En France, le sujet est évité sous prétexte d’égalité des sexes. Mais les hommes et les femmes subissent cet aveuglement. La France aurait 10 ans de retard par rapport à certains de ses voisins européens qui mettent en place une médecine différenciée sans la moindre discrimination…