Il existerait une corrélation entre la douleur à l’accouchement ou en post-partum et le baby-blues

  • Séjourné N & al.
  • Gynecol Obstet Fertil Senol
  • 19 juin 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude française montrent qu’il existerait une corrélation entre la douleur à l’accouchement, celle du post-partum immédiat et la présence de symptômes dépressifs et de traumatisme en post-partum. Après analyses complémentaires, seules la symptomatologie dépressive et la dimension affective de la douleur à 6 semaines post-partum restaient associées au stress post-traumatique.

Pourquoi est-ce important ?

Selon les données de la littérature, « 60% des primipares et 45% des multipares ayant accouché par voie basse ont estimé avoir ressenti des douleurs sévères à extrêmement sévères1» Les femmes peuvent souffrir de douleurs aiguës, principalement durant l’accouchement, mais également de douleurs chroniques, plus fréquentes en post-partum. La dramatisation de la douleur a un impact même sur la douleur ressentie. Par ailleurs 10 à 20% des femmes qui accouchent souffrent de dépression post-natale2. La corrélation mise en exergue souligne l’importance de la prise en charge de la douleur liée à l’accouchement mais également celle survenant en post-partum immédiat pour le bien-être des femmes elles-mêmes et de leurs enfants.

Méthodologie

Des femmes ayant accouché en maternité de type 2 ont été incluses dans l’étude et devaient compléter cinq auto-questionnaires dans les 2 à 4 jours post-accouchement, puis 6 semaines après l’accouchement. 

Les questionnaires utilisés 2 à 4 jours post-partum évaluaient le ressenti de la douleur lors de l’accouchement (Questionnaire de la Douleur de Saint-Antoine - QDSA) ; la dramatisation de la douleur (Pain Catastrophizing Scale ou PCS) ; la satisfaction de l’accouchement (Childbirth Expérience Questionnaire ou CEQ) qui évalue les capacités personnelles, le soutien professionnel et la perception de sécurité ; la détresse péri-traumatique (Inventaire de Détresse Péri traumatique ou IDP) et la symptomatologie dépressive (Edinburgh Postnatal Dépression Scale ou EPDS), et enfin la douleur post-natale grâce à des échelles visuelles analogiques.

Et 6 semaines après l’accouchement, ces femmes ont complété de nouveau les questionnaires évaluant la douleur (QDSA et échelle visuelles analogiques), les symptômes dépressifs (EPDS) et une échelle mesurant la symptomatologie du stress post-traumatique (Impact of Event Scale-revised ou IES-R).

Principaux résultats

Au total, 136 femmes ayant accouché par voie basse entre 37 et 41 semaines d’aménorrhées ont été incluses dans l’étude et ont répondu au premier questionnaire et 109 ont répondu au deuxième questionnaire. L’âge moyen des mères était de 30 ans (±5,04), 98,17% étaient en couple, 49,54% primipares, 74,31% avaient suivi des séances de préparation à l’accouchement et 83,49% avaient eu recours à une anesthésie péridurale. 

Les analyses de corrélation ont montré que la douleur du post-partum immédiat et à 6 semaines étaient significativement corrélées aux symptomatologies dépressives (EPDS) et traumatiques (IDP et IES-R) sur les 2 temps de l’évaluation. Une association significative a également été établie entre la douleur en post-partum immédiat et à 6 semaines et les symptômes dépressifs (EPDS) et traumatique (IDP et IES-R). Cependant après analyses par régressions, seules la symptomatologie dépressive et la dimension affective de la douleur à 6 semaines post-partum restaient associées au stress post-traumatique.

Selon ces résultats, par rapport aux femmes multipares, les femmes primipares auraient plus de symptômes dépressifs en post-partum immédiat et plus de symptômes stress post-traumatique à 6 semaines.

Principales limitations

  • Les femmes inclus ont toutes accouché dans des maternités de niveau II.
  • Le taux de péridurales était important.
  • Le nombre de femmes ayant participé à l’étude était faible.