iDPP4 et association avec les maladies inflammatoires intestinales

  • Abrahami D & al.
  • BMJ

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les données issues d’une large cohorte de sujets diabétiques laissent suggérer que l’utilisation des inhibiteurs de la dipeptidyl peptidase-4 (iDPP-4) pourrait être associée à une augmentation des maladies inflammatoires chroniques des intestins (MICI) de 75% par rapport à l’utilisation d’autres anti-hyperglycémiants. Le risque absolu reste cependant très faible (taux d’incidence brut 53,4 vs 34,5/100.000 par an). Même s’il est important d’avoir connaissance de ces évènements pour surveiller les patients en cas de symptômes gastro-intestinaux persistants, ces données mériteront d'être confirmées par d’autres études et actuellement ne modifient en rien les recommandations et préconisations d’experts actuellement en vigueur.

Pourquoi est-ce important ?

Les iDPP4 sont de plus en plus utilisés en pratique clinique. Ces traitements de seconde ou troisième ligne présentent des bénéfices par rapport à d’autres anti-hyperglycémiants (moins de risque d’hypoglycémie que les sulfamides, une sécurité cardiovasculaire démontrée, en particulier pour la sitagliptine, et un effet neutre sur le poids). Les études ayant évalué l’effet des iDPP4 sur la maladie inflammatoire des intestins restent de faible teneur (modèle animaux, études cliniques peu percutantes). Les effets de l’enzyme DPP4 sur les maladies auto-immunes telles que les MICI ne sont pas encore très bien compris. Les données de la littérature sur le sujet sont peu fiables, voire contradictoires. Ainsi, il était intéressant d’évaluer l’association entre ces deux paramètres à travers une étude observationnelle dans un premier temps avant d’investiguer plus amplement.

Principaux résultats

Les patients ont été suivis durant 3,6 ans en moyenne. Sur les 552.413 patients-années de suivi, 208 événements de MICI ont été déclarés, soit une incidence brute de 37,7 [32,7 à 43,1] pour 100.000 personnes-années. 21,6% des patients avaient reçu au moins une prescription d’iDPP-4 durant en moyenne 1,6 an.

Par rapport aux autres anti-hyperglycémiants, l’utilisation d’inhibiteurs des DPP-4 était associée à une augmentation de 75% du risque de MICI (53,4 vs 34,5/100.000 patients-années, HR 1,75 [1,22-2,49]). Le risque augmentait avec la durée d’utilisation de ces anti-hyperglycémiants, avec un pic entre 3-4 ans d’utilisation (HR 2,90, 1,31, 6,41, 1,45, 0,44).

Méthodologie

  • Étude observationnelle d’une cohorte de 141.170 sujets adultes diabétiques de type 2 ayant initié un nouveau traitement anti hyperglycémiant entre le 1erjanvier 2007 et le 31 décembre 2016 ont été suivi jusqu’au 30 juin 2017.

Principales limitations

Les données étaient renseignées par des médecins généralistes et non des spécialistes, ce qui peut avoir conduit à quelques erreurs de classification.