IDM ST+ : doser l’hémoglobine glyquée

  • Dr Robert Haïat

  • JIM Actualités médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

On estime que la moitié des patients atteints de diabète de type 2 ne le savent pas. Or, les complications cardiovasculaires sont la cause principale de la mortalité inhérente à ce type de diabète. Par ailleurs, les patients qui ont des antécédents d'infarctus du myocarde (IDM) ont une incidence annuelle de résistance à l'insuline deux fois plus importante que les sujets indemnes de cette sorte d'antécédent. C'est la raison pour laquelle les recommandations internationales préconisent de dépister systématiquement un diabète ou un pré-diabète chez les patients présentant une maladie coronaire.

Doser l'hémoglobine glyquée

L'hémoglobine glyquée (HbA1c) dont le dosage est largement utilisé dans le diagnostic du diabète n'est pas affectée par les modifications aiguës de la glycémie. Il a donc paru intéressant à Aggarwal et coll. de déterminer dans quelle mesure le dosage, en routine, de l'HbA1c permettait de détecter un diabète jusque-là méconnu dans une population de patients hospitalisés pour un IDM avec sus-décalage du segment ST (ST +). Ils ont également comparé le devenir de ces cas de diabète nouvellement diagnostiqués à celui des patients dont le diabète était connu avant l'accident coronaire aigu et à celui des patients indemnes de tout diabète.

L'étude a porté sur 1 686 patients consécutifs qui avaient bénéficié d'une procédure interventionnelle coronaire percutanée dans le cadre d'un IDM ST+ entre janvier 2005 et décembre 2012.

Dans tous les cas, un dosage de l'HbA1c a été effectué systématiquement à l'admission, permettant d'identifier les cas de diabète de type 2 méconnus jusque-là (HbA1c ≥ 6,5 % et absence d'antécédent de diabète de type 2 ou de traitement à visée antidiabétique) et les cas de pré-diabète (HbA1c comprise entre 5,7 % et 6,4 %).

Les données disponibles ont permis le suivi de 1 566 des 1 686 patients (90 %) inclus dans l'étude.

Diabète méconnu dans 7 % des cas

Un quart des patients (24 % ; n = 405) avaient des antécédents de diabète de type 2 ; 7 % des patients (n =118) avaient un diabète de type 2 jusque-là méconnu et 38,7 % des patients (n = 652) avaient un pré-diabète.

La mortalité, tant durant le séjour hospitalier (11,1 % vs 11,9 %, p = 0,87) qu'à la 3e année de suivi (27,3 % et 24 %) était comparable dans le groupe de patients dont le diabète était connu et dans celui dont le diabète de type 2 venait d'être découvert.

Au terme d'un suivi de 3 ans, les patients qui présentaient un diabète de type 2 (y compris ceux qui avaient un diabète de type 2 récemment diagnostiqué) avaient une mortalité plus élevée (26,5 %) que les patients qui avaient un pré-diabète (12,1 %) ou que ceux qui étaient indemne de toute anomalie du métabolisme glucidique (11,2% ; p

Un nombre substantiel (7 %) de patients hospitalisés pour un IDM ST+ ont un diabète de type 2, méconnu jusque-là. Ces patients ont une mortalité hospitalière et à 3 ans semblable à celles des patients dont le diabète de type 2 était connu avant la survenue de l'infarctus. Leur pronostic est cependant plus défavorable que celui des patients dont l'IDM ST+ ne s'accompagne d'aucune anomalie du métabolisme glucidique.