IDM : prudence sur l’arrêt des bêta-bloquants même à long terme


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Le suivi de 73.450 patients de moins de 80 ans admis pour un premier épisode d’IDM aigu, sans insuffisance cardiaque et pris en charge selon les recommandations montre que l’arrêt des bêta-bloquants (BB) au-delà d’une année post-évènement est associé à un sur-risque de décès ou de réhospitalisation pour SCA de 1,17 (1,13 après ajustement).
  • Malgré l’origine observationnelle de cette étude, qui nécessite d’être confirmée par d’autres travaux, notamment prospectifs, il semble pertinent de favoriser le maintien des bêta-bloquants chez les sujets sans contre-indication, et d’informer les patients sur la balance bénéfice-risque associée à l’arrêt du traitement.

Pourquoi est-ce important ?

Depuis l’avènement des bêta-bloquants dans le traitement des sujets ayant présenté un infarctus aigu du myocarde, de nombreux progrès thérapeutiques ont été réalisés : fibrinolyse, intervention coronarienne percutanée, statines en prévention secondaire… Depuis, l’utilité des bêta-bloquants au long cours post-IDM n’a pas été réévaluée. Ainsi, les recommandations européennes ont réduit le niveau de recommandations qui leur est associé dans l’IDM sans dysfonction ventriculaire. Il était intéressant d’apprécier si, dans les conditions cliniques habituelles, des indicateurs du risque lié à leur arrêt pouvaient être identifiés.

Principaux résultats

  • Au total,73.450 patients ont été inclus dans l'étude avec une durée de suivi moyenne de 3,8 ans.
  • Parmi 204.592 années-patients, 144.024 (5,9%) correspondaient à l’arrêt de leur traitement par β-bloquants. Les molécules les plus prescrites étaient le bisoprolol (46,7%), l'aténolol (20,4%) et l'acébutolol (14,4%). Les facteurs les plus importants associés à l'arrêt des β-bloquants étaient la prescription d’antagonistes calciques, d'autres agents antiarythmiques, l'implantation d'un stimulateur cardiaque et une durée totale prolongée des hospitalisations.
  • Le rapport de risque ajusté de décès ou de SCA associé à l’arrêt des bêta-bloquants versus leur maintien était de 1,17 [1,01-1,35] et celui associé au risque de décès toutes causes confondues était de 1,13 [0,94-1,36].
  • Par comparaison, ces rapports de risque étaient respectivement de 2,31 et de 2,57 pour l'arrêt des statines en prévention secondaire, versus leur maintien.

Méthodologie

  • L’étude a été conduite à partir de la base de données SNIIRAM de l’Assurance Maladie.
  • Tous les sujets hospitalisés pour IDM aigu entre 2007 et 2012, sans insuffisance cardiaque, et ayant été traités de manière optimale (revascularisation myocardique et prescription de traitements de prévention secondaire : antiagrégants plaquettaires, statines, IEC ou ARAII) et ayant reçu un β-bloquant pendant au moins un an ont été inclus dans l’étude.
  • L’analyse multivariée a été conduite après ajustement sur de multiples facteurs : âge, sexe, statut socio-économique, traitements reçus durant l’hospitalisation (ICP, pontage aorto-coronarien, implantation de stimulateur cardiaque ou de défibrillateur), diagnostics de sortie...

Limitations

Étude observationnelle ne permettant pas de s’assurer de l’observance des traitements, de distinguer les diagnostics STEMI et NSTEMI, les motifs d’arrêts des traitements.