IAS 2019 — Le microbiome vaginal est lié au risque de VIH associé à la contraception hormonale


  • Laura Vargas-Parada, Ph.D.
  • Conference Reports
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À retenir 

  • Le microbiome vaginal est lié à l’inflammation et aux taux d’incidence du VIH des femmes utilisant différents contraceptifs hormonaux. 
  • L’inflammation associée à l’injection de dépôt d’acétate de médroxyprogestérone (DMPA), un contraceptif hormonal, est plus élevée avec un microbiome où dominent les lactobacilles.

Pourquoi est-ce important ? 

  • L’inflammation génitale affecte le risque d’infection à VIH.
  • Le DMPA et le microbiome vaginal ont des effets sur l’inflammation génitale.
  • Le DMPA est associé à un risque accru d’acquisition du VIH-1 chez les femmes.

Protocole de l’étude 

  • Essai sur la prévention du VIH mené en Afrique du Sud. 
  • Analyse protéomique basée sur la spectrométrie de masse :
    • 61 prélèvements de muqueuse cervico-vaginale de femmes qui ont contracté le VIH pendant l’essai (cas).
    • 624 femmes disponibles qui n’étaient pas infectées (témoins).

Principaux résultats  

  • 97,7 % des femmes utilisaient une contraception hormonale : 
    • DMPA (65,6 %).
    • Énanthate de noréthistérone (NET-EN) (18,0 %).
    • Contraceptifs oraux combinés (COC) (14,2 %). 
  • Deux profils principaux de microbiome vaginal ont été détectés :
    • Prédominance d’espèces de lactobacilles (59,4 %).
    • Lactobacilles non dominants (40,6 %).
  • Les groupes de microbiome étaient répartis de manière similaire entre les différents types de contraceptifs. 
  • Aucune différence n’a été observée quant à la probabilité d’infection à VIH entre le DMPA et NET-EN/COC (analyse de cas-témoin, RC : 1,56 ; IC à 95 % : 0,87–2,95; P = 0,151). 
  • Le risque d’acquisition du VIH chez les femmes dont le microbiome est composé de lactobacilles non dominants n’était pas significativement plus élevé chez celles sous DMPA, comparativement à tous les autres contraceptifs hormonaux (RC : 0,95 ; IC à 95 % : 0,44–2,15 ; P = 0,895). 
  • Avec le microbiome où dominent les lactobacilles, l’utilisation du DMPA était associée à une >multiplication par 3 du risque d’acquisition du VIH, par rapport aux autres contraceptifs hormonaux (RC : 3,27 ; IC à 95 % : 1,24–11,24 ; P = 0,0305).
  • L’analyse des interactions a suggéré une tendance statistique démontrant un effet du microbiome vaginal sur le risque de VIH associé au DMPA (P = 0,0686). 

Limites

  • La puissance statistique était limitée. Seule la population sud-africaine était concernée. Présentation lors d’une conférence sans examen par des pairs.

Commentaires des experts  

  • « Une question importante à laquelle il nous faut répondre : si nous stratifions par type de microbiome, le DMPA modulerait-il l’inflammation différemment ? », a déclaré Adam Burgener, responsable de la protéomique aux laboratoires nationaux du VIH et de rétrovirologie de l’Université du Manitoba (University of Manitoba) et intervenant lors de la session plénière de l’IAS 2019.