Hypothyroïdie : une mise au point pratique de la HAS


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Dans la fiche « pertinence des soins » consacrée à l’hypothyroïdie, la HAS rappelle en préambule la distinction entre :

  • hypothyroïdie fruste, définie par un taux de thyréostimuline (TSH) élevé au-delà d’une limite fixée à 4 mUI/L, sur au moins 2 prélèvements à 2-3 mois d’intervalle, sans anomalie de la concentration de thyroxine libre (T4L ),

  • Hypothyroïdie avérée, définie par la présence de signes cliniques d’hypothyroïdie, une TSH > 4 mUI/L et une T4L basse.

La fiche est organisée en dix messages, portant sur le dépistage, le diagnostic, le traitement et le suivi. Chacun comporte un argumentaire court et clair, auquel le lecteur de cet article est invité à se reporter au besoin. Les messages ne concernent pas l’hypothyroïdie centrale, la résistance aux hormones thyroïdiennes, les suites immédiates de thyroïdectomie et l’hypothyroïdie chez une femme enceinte.

Dépistage

En population générale, il n’est pas recommandé de réaliser un dosage de TSH s’il n’y a pas de signes cliniques évocateurs de dysthyroïdie.

Diagnostic

  • En présence de symptômes évocateurs d’hypothyroïdie, il est recommandé de prescrire le dosage de la TSH en première intention. Si le taux de TSH est anormal, il doit être recontrôlé et le dosage de T4L doit être réalisé.

  • Le dosage des anticorps anti-TPO (anti-thyroperoxydase) n’est pas nécessaire pour le diagnostic d’hypothyroïdie. Il est utile pour rechercher une origine auto-immune éventuelle de la maladie. La positivité des anti-TPO est associée à un risque plus élevé d’évolution d’une hypothyroïdie fruste vers une hypothyroïdie avérée.

  • Si le taux de TSH n’est que modérément élevé (entre 4 et 10 mUI/L) et que la T4L est normale, il est recommandé de doser à nouveau la TSH et la T4L à distance après les dosages initiaux avant de décider de débuter, ou non, un traitement.

  • Dans le diagnostic initial d’une hypothyroïdie, il n’y a pas lieu de prescrire un dosage de T3L.

Traitement

  • Le traitement par lévothyroxine ne doit pas être initié sans qu’il ne soit réalisé au préalable au moins un dosage de TSH (d’après les données de l’Assurance maladie, au moins 30% des initiations de traitement par lévothyroxine ont été effectuées sans dosage préalable de TSH).

  • En cas d’hypothyroïdie fruste, si le taux de TSH est supérieur à 10 mUI/L lors de 2 examens successifs, un traitement par lévothyroxine doit être discuté avec le patient.

  • Le dosage de la TSH est recommandé 6-8 semaines après le début du traitement par lévothyroxine ou après tout changement de dose ou de spécialité.

  • La lévothyroxine est un médicament à marge thérapeutique étroite. Pour des personnes traitées bien équilibrées et sans effet indésirable, il n’y a pas lieu de changer de traitement (autre forme médicale commercialisée).

Suivi

Si la personne est bien équilibrée sous traitement par lévothyroxine, la surveillance s’effectue annuellement par un interrogatoire, un examen clinique et un dosage de la TSH.