Hypertrophie bénigne de la prostate et troubles éjaculatoires : revue de la littérature

  • Couteau N & al.
  • J Clin Med

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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L'hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) peut engendrer un certain nombre de troubles liés à la sexualité. Les symptômes liés à un trouble de l'éjaculation sont très variés, depuis une gène ou une douleur au moment de l'éjaculation jusqu’à des modifications du volume de l’éjaculat ou encore l’existence d’une éjaculation rétrograde. Une revue narrative propose un tour d’horizon sur le sujet, et la façon dont les traitements peuvent les favoriser.

Méthodologie

Les chercheurs ont identifié 65 études publiées entre 1990 et 2020 et qui évoquaient à la fois l’hyperplasie bénigne de la prostate et les dysfonctions sexuelles ou érectiles.

Principaux résultats

Sur le plan physiopathologique, les mécanismes des troubles de l'éjaculation dans l’HBP semblent liés à ceux de la dysfonction érectile ou aux symptômes du bas appareil urinaire (SBAU ou LUTS – low urinary tract symptoms)). Ils reposeraient sur quatre principaux mécanismes : l’altération de la voie de signalisation NO-GMPc, l’hyperactivation de la voie de signalisation RhoA-ROCK, l’hyperactivation du système nerveux autonome et l’existence d’une athérosclérose vasculaire pelvienne.

Sur le plan épidémiologique, de nombreuses études ont été consacrées au sujet. Elles montrent globalement que les troubles de l’éjaculation (absence ou réduction du volume) sont associés aux LUTS liés à l'HBP, et sont d’autant plus sévères que l'âge du patient est avancé ou que les LUTS sont sévères. Dans une moindre mesure, les études rapportent que la douleur ou la gêne lors de l’éjaculation peuvent aussi survenir, avec des conséquences sur la qualité de vie.

Sur le plan thérapeutique, la phytothérapie ne semble pas engendrer de troubles de l’éjaculation. En revanche, la prise d'alpha-bloquants peut conduire à une réduction du volume de l'éjaculat ou une anéjaculation. De même, parce qu’ils bloquent une enzyme qui convertit la testostérone en dihydrotestostérone (DHT), elle-même favorisant la production de NO, les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase (5ARI) peuvent conduire à des troubles éjaculatoires et érectiles.

Beaucoup d’approches chirurgicales sont envisagées dans la prise en charge de l’HBP, et sont souvent associées à des éjaculations rétrogrades. La meilleure connaissance anatomique a permis de développer des approches plus respectueuses. Cependant, le taux d'éjaculation antégrade reste de 50-70 % pour la résection transurétrale et 21-35% pour l’incision transurétrale de la prostate. Elle est d’environ 45% pour le laser holmium, mais plus élevée en cas de vaporisation laser.

La dysfonction érectile concerne in fine près de la moitié des patients ayant des troubles de l'érection liés à l'HBP. L'évaluation initiale de l'altération de l'éjaculation est primordiale avant toute prise en charge médicale ou chirurgicale.