Hypertension pulmonaire associée à une maladie thromboembolique chronique en cas de cancer

  • Respir Med Res

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Une étude montre qu’environ 1,5% des sujets souffrant de cancer et ayant eu une embolie pulmonaire auraient un risque d’hypertension pulmonaire thromboembolique chronique (HTPC) clinique et 0,75% un risque d’HTPC probable. Ces résultats ne supportent pas d’autres données suggérant que l’HTPC est plus fréquemment diagnostiquée chez les patients souffrant de cancer que chez les autres.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

L’hypertension pulmonaire associée à une maladie thromboembolique chronique (HTPC) doit être recherchée chez les sujets ayant une dyspnée persistante après une embolie pulmonaire. La HTPC peut entraîner une obstruction chronique de l’artère pulmonaire et une insuffisance cardiaque. L’HTPC non traitée n’offre pas un bon pronostic au patient. Malheureusement, au stade précoce de l’HTPC, les symptômes et signes cliniques sont bien souvent non spécifiques voire absents. Et, lorsque les signes cliniques d’insuffisance cardiaque apparaissent, la maladie est déjà bien avancée. Le diagnostic d’HTPC est fréquemment envisagé en cas de dyspnée persistante. S’il est admis que le cancer peut favoriser l’HTPC, il existe finalement peu de données, d’où l’intérêt de mener des études épidémiologiques sur le sujet.

Méthodologie

Cette étude monocentrique prospective a inclus de manière consécutive des patients ayant une embolie pulmonaire symptomatique. HTPC probable correspond à la définition établie par les recommandations de l’European Respiratory Society (ERS).

Principaux résultats

Entre janvier 2008 et décembre 2016, sur les 711 patients ayant eu une embolie pulmonaire, 129 patients souffraient également d’un cancer (53% d’hommes, âge moyen 72 ans). Les principaux facteurs de risque de thromboembolie veineuse étaient les antécédents de thromboembolie veineuse pour 26% des sujets et une chirurgie récente pour 14%. Parmi les sujets inclus (n=129) dans l’étude, 19% souffraient de cancer colorectal,  17% de  cancer du sein, 15% de cancer de la prostate, 9% de cancer hématologique et 8,5% de cancer du poumon. Six mois après l’embolie pulmonaire, 66% des patients étaient toujours sous HBPM, 7% sous héparine fractionnée et 2% sous anticoagulants d’action directe. Le suivi médian a été de 190 jours. Durant ce suivi, 2 patients ont été suspectés d’avoir une HTPC clinique, soit 1,5% de l’ensemble de la cohorte de sujets souffrant de cancer. Aucun d’eux n’avait une pression artérielle pulmonaire augmentée à l’inclusion. Un seul (0,75%) a été classé comme ayant une HTPC probable 6 mois après une embolie pulmonaire. Dans ce dernier cas, il s’agissait d’un cas de cancer des ovaires. L’HTPC a été diagnostiquée 6 mois après l’embolie pulmonaire du fait d’une dyspnée persistante. 

Principales limitations

Étude monocentrique de faible ampleur et ayant un suivi relativement faible au regard de la situation clinique surveillée.