Hyperphosphatémie : le ténapanor, nouveau chélateur non absorbable

  • Block GA & al.
  • J Am Soc Nephrol
  • 7 mars 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Le ténapanor est un inhibiteur de l’échangeur Na+/H+ (NHE3) qui permet également de réduire l’absorption intestinale du phosphate. Après des données satisfaisantes d’étude de phase 2, une étude de phase 3 versus placebo a été réalisée. Elle montre qu’il est possible de réduire la phosphatémie des sujets hémodialysés dont le taux de phosphate sérique est anormalement élevé. Elle montre également qu’à l’arrêt du traitement, la concentration sérique du phosphate augmente chez les sujets sous placebo, au contraire de ceux traités par ténapanor.

Ce médicament expérimental présente deux avantages - une administration orale simple 2 fois par jour et une absorption intestinale minimale – tout en exposant à un faible taux d’effets secondaires. Il pourrait donc constituer une future avancée dans la prise en charge de l’hyperphosphatémie des sujets insuffisants rénaux hémodialysés.

Méthodologie

  • L’étude de phase 3 a été menée entre janvier 2016 et janvier 2017 : des patients hémodialysés de 18-80 ans présentant un taux sérique de phosphate compris entre 4 et 7 mg/dL sous chélateur de phosphate ont été recrutés et soumis à une période de sevrage thérapeutique. Ceux qui présentaient une augmentation de leur phosphatémie d’au moins 1,5 mg/dL, avec une valeur absolue comprise entre 6 et 10 mg/dL étaient éligibles pour la randomisation.
  • Les patients ont alors été répartis aléatoirement entre 3 posologies : 3, 10 et 30 mg de ténapanor 2 fois par jour durant 8 semaines. À la demande de la FDA, l’essai a été prolongé par une seconde phase durant laquelle les participants étaient re-randomisés pour être répartis entre un placebo ou le maintien de leur posologie initiale.

Principaux résultats

  • Parmi les 219 sujets inclus, 152 ont terminé l'étude. Au cours de la première période, une diminution significative du phosphate sérique moyen de 1,00, 1,02 et 1,19 mg/dl a été respectivement observée dans les groupes 3, 10 et 30 mg.
  • Dans la seconde phase de l’étude, une augmentation moyenne de 0,85 mg/dL de la phosphatémie a été observée dans le groupe placebo contre 0,02 mg/dL dans le groupe ténapanor (toutes posologies confondues) à 4 semaines.
  • Les principaux effets indésirables étaient les diarrhées, qui ont incité 8,3% des sujets à quitter l’étude, ainsi que la présence de selles molles et plus fréquentes.

Financement

L’étude a été sponsorisée par Ardelyx.