Hormones reproductives, âge et hygiène de vie : décryptage et influences au cours de la ménopause

  • Soares AG & al.
  • Sci Rep
  • 4 déc. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Selon une étude longitudinale ayant suivi plus de 11.000 femmes, l'âge reproductif et l'âge chronologique ont tous deux une influence sur les dynamiques de LH (Luteinizing hormone), FSH (follicle-stimulating hormone), SHBG (Sex Hormone-Binding Globulin) et AMH (hormone anti-Müllerienne) autour de la ménopause, avec une influence notable de l’IMC, le tabagisme et la parité. L’ensemble suggère que tous ces éléments soient pris en considération  lors de l’exploration des modifications hormonales en péri-ménopause.

Les bouleversements hormonaux seraient associés à certains troubles post-ménopausiques mais l’évolution des taux des différentes hormones intervenant durant la période reproductive jusqu’aux premiers temps de la ménopause n’est pas parfaitement décrite et les facteurs interagissant avec eux ne sont pas entièrement explorés. Si les données relatives à la FSH et la LH sont assez bien établies, celles relatives à la SHBG sont moins claires et celles relatives à l’AMH sont peu nombreuses. Des chercheurs britanniques ont examiné l’évolution de ces hormones depuis la période reproductive jusqu’à la ménopause et ont évalué l’influence de l’âge de celle-ci, de l’âge chronologique et des facteurs reproductifs et hygiéno-diététiques sur ces dynamiques.

Méthodologie

Les participantes recrutées avait fait partie d’une cohorte britannique de femmes ayant donné naissance à un enfant entre 1991 et 1992 ( Avon Longitudinal Study of Parents and Children ). Parmi les 14.451 sujets, 11.264 ont participé à un bilan hormonal mené tous les deux ans entre 2009 et 2015 et analysé selon les données sociodémographiques, relatives à la vie reproductive et à l’hygiène de vie.

Principaux résultats

Les femmes incluses lors du premier bilan avaient entre 37 et 61 ans. Elles ont ensuite bénéficié de 4 bilans hormonaux bisannuels. L’âge moyen de la ménopause était de 49,9 ans.

Les taux de LH et FSH augmentaient avant puis jusqu'là environ 5 à 7 ans après avant la ménopause puis diminuaient. L’amplitude de ces dynamiques était plus importante pour la FSH que la LH. Les variations des taux de SHBG était faibles : les auteurs rapportent néanmoins une diminution progressive se poursuivant environ 4 ans après la ménopause, pour augmenter ensuite sensiblement. Enfin, l'AMH diminuait nettement avant la ménopause et son taux restait faible par la suite. Ces évolutions étaient plus étroitement associées à l’âge reproductif qu’à l’âge chronologique. Les différentes analyses de sensibilité qui ont été menées ont confirmé ces observations.

L’IMC, le tabagisme et la parité étaient associées à des variations de ces dynamiques hormonales : ainsi, un IMC élevé était associé à un augmentation moins marquée de la LH et de la FSH et une moindre diminution de l'AMH. Chez les fumeuses, le taux de FSH était moins élevé et les évolutions de SHBG moins marquées. Lorsque les femmes avaient eu au moins 4 grossesses, les taux de LH et FSH étaient plus bas à distance de la ménopause. Les évolutions péri-ménopause de la SHBG semblaient également distinctes selon la parité des femmes. Enfin, un âge tardif des premières règles (au-delà de 15 ans) semblait réduire les taux moyens de LH et FSH en péri puis post-ménopause par rapport à celles ayant eu des règles à 12-14 ans.