HIV-Glasgow 2018 – Approches de traitement du VIH


  • Allison Kirsop
  • Conference Reports
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Pour traiter le VIH, il est nécessaire d'éliminer les cellules infectées latentes qui sont impossibles à distinguer des cellules non infectées. Il faut localiser ces cellules et déterminer quelles sont les stratégies à mettre en œuvre pour les éliminer. Bien que les traitements antirétroviraux (TAR) actuels soient très efficaces, certains agents ne pénètrent pas dans tous les tissus, et la situation est préoccupante au niveau du cerveau, du tissu ganglionnaire et des voies uro-génitales, où l'on pense que le réservoir de VIH s'accroît.

Lors de la conception d'une étude, le critère le plus important au plan clinique pour les médecins et les patients est le contrôle viral, hors thérapie. Mais pour y arriver, il est essentiel de déterminer quel paramètre est mesuré et il est manifestement délicat de demander aux patients d'interrompre leur TAR.

Certaines approches stratégiques de traitement du VIH consistent à réduire les niveaux des réservoirs viraux en-dessous d'un seuil arbitraire en instaurant un TAR précoce après une infection aiguë. Une autre méthode consiste à renforcer l'immunité des lymphocytes T spécifiques au VIH chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sous traitement, ou en récupérant un système immunitaire épuisé - une approche qui s'est avérée très fructueuse dans le traitement du cancer. Cependant, les résultats des études sont peu concluants.

Pour tenter de réduire la taille du réservoir de VIH, l'approche anti-VIH « Kick and Kill » utilise un agent d'inversion de la latence associé à une certaine forme de réponse immunitaire spécifique au VIH qui détruit dans un second temps les cellules latentes activées. L'étude RIVER a comparé des contrôles recevant un TAR seul à des patients ayant reçu un vaccin et le vorinostat. Les résultats n'ont révélé aucune différence significative quant à l'ADN total de VIH ou de croissance virale accrue dans le bras de l'étude.

Des anticorps neutralisants à large spectre de nouvelle génération (bnAb) sont actuellement étudiés. D'une durée de vie atteignant jusqu'à 3-6 mois, ils pourraient également être testés en prévention comme en traitement. Mais le point le plus important est que ces molécules ont un mécanisme d'action complètement différent des TAR.

 

Commentaire d'expert :

Q : « Quelle preuve avons-nous à ce jour que les bnAb ne sont pas uniquement des antiviraux ? »

R : « Il existe actuellement une donnée probante suggérant un effet vaccinal sans que l'on sache vraiment comment cela fonctionne, ni quelle importance cet effet revêt en matière de rémission. Il se pourrait que le fragment Fc de l'anticorps se lie d'une certaine manière aux cellules présentatrices de l'antigène, facilitant ainsi la destruction dépendante d'anticorps des cellules qui expriment des protéines virales. »”