High-STEACS : La mesure de la troponine hyper-sensible peut-elle modifier le pronostic à un an ?

  • Shah ASV & al.
  • Lancet
  • 24 août 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude randomisée et contrôlée montrent que le suivi de la troponine cardiaque hyper-sensible (cTnhs) et l’utilisation du seuil de 99epercentile de la valeur normale comme valeur diagnostique permettait de reclasser 17% des patients ayant eu un dosage de troponine conventionnelle, mais, cela ne modifiait pas l’incidence d’un IDM subséquent ou d’un décès d’origine cardiaque à un an. 

Quel est l’intérêt de cette étude ?

Cette étude est la première étude randomisée contrôlée ayant évalué le rôle pronostique du dosage de troponine hyper-sensible chez des patients présentant un syndrome coronarien aigu. Elle permet de s’interroger sur la reclassification de patients suite à une mesure de troponine hyper-sensible et aux éventuelles modifications de la prise en charge qui peuvent en découler.

Méthodologie

L’étude High-STEACS (High-Sensitivity Troponin in the Evaluation of patients with suspected Acute Coronary Syndrome) est un essai prospectif, randomisé, comparatif mené au sein de dix hôpitaux écossais. Les patients admis aux urgences pour suspicion de SCA étaient inclus de manière consécutive si des mesures de troponine cardiaque conventionnelle avaient été réalisées. Les hôpitaux ont été randomisés pour réaliser un test de cTnhs de manière précoce (n=5 hôpitaux, après les 6 premiers mois post-inclusion et jusqu’à 18-27 mois) ou de manière retardée (n=5 autres hôpitaux, 12 mois après l’inclusion et jusqu’à 18-27 mois). À l’issue de cette période de 18-27 mois, une phase de suivi d’un an était engagée. 

Des tests de cTnhs ont été réalisés, mais dissimulés aux médecins traitants qui n’avaient accès qu’aux résultats de la mesure de la troponine conventionnelle pour être guidés pour les soins au cours de la phase de validation de 6-12 mois. 

Les patients qui ont été reclassés étaient ceux qui dépassaient la valeur seuil de cTnhs tout en ayant une valeur contemporaine de troponine conventionnelle inférieure au seuil pathologique. Le critère principal d’évaluation était l’IDM ou le décès d’origine cardiovasculaire un an après la présentation initiale.

Principaux résultats

Entre juin 2013 et mars 2016, 48.282 patients ont été consécutivement inclus (âge moyen 61 ans, 47% de femmes). La mesure de la cTnhs a permis de reclasser 1.771 (17%) sujets sur 10.360 ayant une atteinte myocardique ou un infarctus non suspectés par une mesure contemporaine de troponine conventionnelle.

Parmi ceux qui ont été reclassifiés, un infarctus du myocarde ou un décès d’origine cardiovasculaire dans l’année ont concerné 105 (15%) des 720 sujets de la phase de validation et 131 (12%) des 1.051 patients de la phase d’implémentation (soit un odds ratio de 1,10 [0,75-1,61], p=0,620).

Ainsi, la mesure de la cTnhs permettrait de reclassifier un patient sur six, mais l’incidence d’un nouveau IDM ou d’un décès d’origine cardiovasculaire à un an resterait inchangée.