Hépatite : l’essentiel de mars

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Les meilleures nouvelles études que nous avons sélectionnées après analyse de plus de 386 articles cliniques sur l’hépatite publiés au cours du mois dernier.


La pratique d’un test unique universel pourrait être plus efficace pour les services d’urgences urbains où le risque est élevé,
car plus de 25 % des cas de VHC restent non diagnostiqués lorsque les recommandations des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC) sont suivies

Source : Clin Infect Dis                                                      

Principaux résultats

  • Parmi les 4 713 patients, 652 (13,8 %) présentaient des anticorps anti-VHC.
  • Parmi les patients qui présentaient des anticorps, 204 (31,3 %) étaient atteints d’une infection au VHC non documentée.
  • Parmi les patients atteints d’une infection au VHC non documentée, 99 (48,5 %) auraient été diagnostiqués grâce à un dépistage réalisé en fonction de la cohorte de naissance, et 54 patients (26,5 %) supplémentaires auraient été identifiés grâce à un dépistage réalisé en fonction du risque, comme recommandé par les CDC.
  • Les 51 patients (25 %) restants atteints d’une infection au VHC non documentée n’auraient pas été testés.
  • Si l’on estime un total de 7 727 patients admis dans un service d’urgences unique atteints d’une infection au VHC au cours d’une période d’un an, les tests pratiqués conformément aux directives des CDC permettraient d’identifier 1 815 infections non documentées ; un test universel permettrait d’identifier 526 patients infectés par le VHC supplémentaires.

Conception de l’étude

  • Il s’agissait d’une étude sur la séroprévalence du VHC de 8 semaines, menée en 2013 dans un service d’urgences urbain recensant annuellement 66 000 patients et prenant en charge une population socioéconomique défavorisée et diverse.
  • Un dépistage d’anticorps anti-VHC a été mené pour l’ensemble des patients disposant d’un excès d’échantillons de sang prélevés à des fins cliniques.
  • Des informations démographiques et cliniques, dont l’infection au VHC documentée, ont été obtenues à partir des dossiers médicaux électroniques.

Pourquoi est-ce important ?

  • Les directives des CDC recommandent un test de dépistage du VHC unique pour les personnes nées entre 1945 et 1965 (cohorte des baby-boomers), en plus du test de dépistage effectué en fonction du risque.
  • Les services d’urgences sont considérés comme un cadre essentiel pour le dépistage du VHC en raison de leur historique de succès dans le dépistage du VIH, au vu des populations qu’ils prennent en charge.
  • Cette étude a montré une séroprévalence élevée à la fois de l’infection au VHC documentée et de l’infection au VHC non documentée dans un service d’urgences urbain, ce qui confirme l’adéquation de ce lieu à des fins de dépistage.
  • Cependant, limiter le dépistage du VHC aux directives des CDC aurait permis à 26,5 % des patients non diagnostiqués de « passer entre les mailles du filet ».
  • Les résultats suggèrent qu’un test unique universel pourrait être une méthode de dépistage plus efficace pour le VHC dans les services d’urgence urbain où le risque est élevé.

Résumé PubMed
Texte complet libre


Le taux de mortalité liée au virus de l’hépatite C (VHC), même s’il est largement sous-dénombré sur les certificats de décès, dépasse nettement le taux combiné de décès dus à 60 autres maladies infectieuses à déclaration obligatoire via le système national

Source : Clin Infect Dis                                                    

Principaux résultats

  • Le nombre de décès liés au VHC est passé de 11 051 en 2003 à 19 368 en 2013 ; le taux d’augmentation annuelle moyenne était de 6,2 % (P < 0,05).
  • Le nombre de décès liés aux maladies à déclaration obligatoire via le système national a diminué de 24 745 en 2003 à 17 915 en 2013 ; le taux de diminution annuelle moyenne était de 3,4 % (P < 0,05).
  • Le déclin dans le nombre de décès était lié à une chute de 41 % du nombre de décès liés au VIH et, dans une moindre mesure, à une chute du nombre de décès liés à la maladie pneumococcique (diminution de 31 %) et à la tuberculose (diminution de 28,2 %).
  • En 2012, le nombre de décès liés au VHC a dépassé celui des maladies à déclaration obligatoire via le système national.
  • Le taux de mortalité liée au VHC (pour une population de 100 000) a augmenté de 3,72 en 2003 à 5,03 en 2013 ; le taux d’augmentation annuelle moyenne était de 3,4 % (P < 0,05).
  • Le taux de mortalité liée aux maladies à déclaration obligatoire via le système national a diminué de 8,51 en 2003 à 5,25 en 2013 ; le taux de diminution annuelle moyenne était de 4,9 % (P < 0,05).
  • En 2013, 51,1 % des décès liés aux VHC concernaient des personnes âgées de 55 à 64 ans (moyenne : 59,7 ans).

Conception de l’étude

  • Il s’agissait d’une analyse de données relatives au décès dû à de multiples causes pour la période de 2003 à 2013, obtenues auprès du Centre national des statistiques de santé des États-Unis.
  • Les tendances dans la mortalité liée au VHC ont été comparées à celles des maladies à déclaration obligatoire via le système national.
  • Les taux de mortalité ont été calculés en divisant le nombre de décès par le total du recensement de la population aux États-Unis pour cette année-là.

Pourquoi est-ce important ?

  • Malgré l’arrivée de thérapies efficaces, les taux de mortalité due au VHC ont régulièrement augmenté entre 2003 et 2013, principalement parmi les personnes d’un âge moyen.
  • En 2012, la mortalité due au VHC dépassait le nombre de décès associés à 60 maladies à déclaration obligatoire via le système national, dont le VIH, qui continue à décliner.
  • Il est possible que le fardeau de la mortalité due au VHC soit sous-estimé en raison du signalement sous-performant comme cause du décès.
  • Les résultats soulignent le besoin urgent de dépister, d’évaluer et de traiter des patients dans le cadre de la plus vaste épidémie de maladie infectieuse survenant aux États-Unis.

Résumé PubMed


Les femmes reçoivent des soins tout à fait inappropriés et discontinus pour le virus de l’hépatite B (VHB) après la grossesse

Source : J Viral Hepat

Principaux résultats             

  • Plus d’un tiers (37 %) des femmes étaient diagnostiquées comme étant infectées par le VHB pour la première fois lors d’une visite prénatale.
  • Près de la moitié (49 %) d’entre elles n’avaient jamais consulté un spécialiste du foie.
  • Un tiers (32 %) de ces femmes n’avaient pas subi de contrôles des taux d’ALAT en temps opportun.
  • Les mesures des taux d’ADN du VHB n’avaient pas été réalisées pour 26 % des femmes et avaient été réalisées à un moment inopportun pour 34 %.
  • Parmi les 72 (42 %) femmes considérées à haut risque de développer un carcinome hépatocellulaire (CHC) selon les critères de l’AASLD, seules 33 % et 38 % avaient subi une échographie et une analyse des taux d’alpha-fœtoprotéine (AFP), respectivement.
  • Dans une analyse à variables multiples, des femmes suivies par un hépatologue étaient 3,74 fois plus susceptibles d’avoir un taux d’ALAT mesuré en temps opportun (IC à 95 % : 1,75–7,97 ; P = 0,001) et 8,1 fois plus susceptibles d’obtenir une quantification de l’ADN du VHB en temps opportun (IC à 95 % : 3,45–18,96 ; P < 0,001).
  • Il était également plus fréquent pour les femmes qui consultaient un hépatologue de passer en temps opportun une échographie (RC : 37,43 ; IC à 95 % : 4,51–310,42 ; P = 0,0001) et une analyse du taux d’AFP (RC : 16,66 ; IC à 95 % : 2,39–115,95 ; P = 0,004) pour leur CHC.

Conception de l’étude

  • Il s’agissait d’une étude rétrospective de 243 femmes positives pour l’antigène de surface de l’hépatite B ayant sollicité des soins prénataux à l’Hôpital général du Massachusetts.
  • Le résultat principal était l’adhésion aux directives de l’Association américaine pour l’étude des maladies hépatiques (American Association for the Study of Liver Diseases, AASLD) et du Collège américain des obstétriciens et des gynécologues (American College of Obstetricians and Gynecologists, ACOG) en ce qui concerne les évaluations biologiques réalisées en temps opportun, la surveillance du CHC et l’orientation des patients vers un hépatologue.
  • La durée moyenne du suivi était de 5,8 ans.

Pourquoi est-ce important ?

  • Les cliniciens se concentrent sur la prévention de la transmission périnatale du VHB, mais le niveau de soins concernant le suivi maternel reste inconnu.
  • Cette étude a été menée dans un grand centre universitaire de soins tertiaires en milieu urbain.
  • Les résultats ont montré que les femmes ne bénéficient pas d’un suivi postpartum des taux d’ALAT et de la charge virale du VHB, d’un dépistage du CHC et d’un suivi par un hépatologue appropriés.

Résumé PubMed