Hépatite D : une prévalence mondiale deux fois supérieure à celle précédemment admise

  • Wedemeyer H & al.
  • Gut
  • 27 oct. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une récente revue de la littérature et méta-analyse, la prévalence du VHD serait de 0,98% dans la population globale (sur la base de la présence d’Ac anti-VHD, la présence d’ARN-VHD ou d’Ac anti-VHD), et de 10,58% chez les sujets infectés par le VHB porteurs de l’AgHBs, ce qui représenterait un total d’environ 70 millions de personnes à travers le monde. Les chiffres mis en avant suggèrent que le risque lié aux comportements sexuels à risque soit mieux pris en compte. Enfin, les chiffres disponibles depuis 1997, date à laquelle les programmes de vaccination contre le VHB se sont développés, montrent que la prévalence du VHD n’a pas diminué autant qu’attendu dans les pays socio-économiquement développés, sans doute du fait des mouvements migratoires depuis les régions endémiques.

  • Malgré les limitations de ce travail (cf ci-dessous), la prévalence du VHD est plus élevée que ce qui était attendu et, même en considérant que seuls 2/3 des sujets présentant des Ac anti-VHD sont virémiques, l’hépatite D est une affection certainement sous-estimée, reconnaissent les deux co-auteurs de l’éditorial accompagnant cet article. Cette publication est une invitation à réfléchir à de nouvelles recommandations internationales concernant le dépistage du VHD et le maintien des programmes de vaccination anti-VHB, avec une attention particulière auprès de la population infantile.

Méthodologie

Les auteurs ont passé en revue la littérature anglophone et chinoise parue sur le sujet entre janvier 1977 et décembre 2016. L’analyse a été menée globalement, en distinguant les personnes présentant ou non des facteurs de risque, pour deux périodes de temps (1977-1996 et 1997-2016). Au total, 295 cohortes issues de 61 pays ou régions ont été incluses dans les analyses.

Principaux résultats

  • La prévalence du VHD dans la population mondiale serait de 0,98% [0,61-1,42] (de 0% en France à 8,03% en Mongolie), et de 14,57% chez les sujets porteurs de l’AgHBs [12,93-16,27].
  • La séroprévalence VHD serait de 10,58% [9,14-12,11] pour les sujets porteurs de l’AgHBs (12,11% chez les hommes, 9,93% chez les femmes, 9,75% dans les cohortes dont le sexe n’était pas précisé), dont 37,57% [29,30-46,20] chez les utilisateurs de drogues intraveineuses et 17,01% [10,69-24,34] chez les sujets à comportement sexuel à risque.
  • La prévalence annuelle de l’infection par le VHD serait inférieure durant la période 1997-2016 que la précédente, avec une association apparente entre un faible taux de vaccination et une prévalence plus élevée. Cependant, dans certains pays, la prévalence suivrait une légère tendance à la hausse, et des génotypes rares semblent émerger. Les génotypes 6 et 7 auraient ainsi été récemment identifiés en France.

Principales limitations

  • Seules les données publiées ont pu être utilisées, et certaines régions ou pays ne disposent pas ou peu de chiffres.
  • La précision des tests a évolué entre 1977 et 2016.