Hépatite C aiguë : efficacité du grazoprévir-elbasvir

  • Boerekamps A & al.
  • Lancet Gastroenterol Hepatol
  • 16 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Univadis Résumés Cliniques
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À retenir

Les études de phase 3 portant sur l’évaluation des nouveaux antiviraux d’action directe (AAD) restent rares. Aussi, les arguments concernant l’intérêt de traiter la phase aiguë de l’infection VHC par ces traitements innovants et onéreux restent épars et sont pour la plupart issus de petites cohortes (20-30 sujets). L’étude de phase 3b DAHHS2 publiée par le Lancet Gastroenterology and Hepatology apporte donc des enseignements intéressants : en effet, 8 semaines de traitement par grazoprevir-elbasvir (Zepatier®) a permis d’obtenir une charge virale indétectable chez 99% des patients présentant une hépatite C aiguë, indépendamment du génotype 1 ou 4, d’une co-infection VIH, de la charge virale initiale ou de la présence de polymorphismes NS5A.

Implications pratiques

Pour l’heure, les traitements par AAD ne sont pas recommandés dans la prise en charge de l’infection aiguë par le VHC, étant donné le faible niveau de preuve de leur efficacité. Aussi, l’AFEF recommande une prise en charge par sofosbuvir-ledipasvir pendant 8 semaines mais souligne la nécessité d’une évaluation précautionneuse et au cas par cas. L’accumulation de nouvelles données relatives à d’autres traitements est donc utile pour envisager une évolution des recommandations et des extensions d’indication.

Concept de l’étude

L’étude DAHHS2 est une étude de phase 3b ouverte, menée en Belgique et aux Pays-Bas, qui a recruté des sujets adultes présentant une hépatite C aiguë liée au génotype 1 ou 4. Ils étaient tous traités par 8 semaines de bithérapie grazoprevir 100mg-elbasvir 50mg une fois par jour.

Résultats

  • La cohorte regroupait 80 patients (moyenne 47 ans, 100% d’hommes HSH) pour lesquels l’épisode aigu était une réinfection pour 24% d’entre eux. Au total, le génotype 1 représentait 64% des cas ; 91% de la cohorte était co-infectée par le VIH et était traitée par antirétroviraux (97% avaient une charge virale

  • L’observance était de 95%. Au total, 94% des patients traités ont obtenu une réponse virologique soutenue à 12 semaines (RVS12, critère principal d’évaluation) : parmi les 5 patients sans RVS, 4 présentaient une réinfection. Ainsi, la RVS12 était atteinte par 99% de la cohorte, ou 94% si l’on considérait les réinfections comme des échecs thérapeutiques. Ces deux résultats étaient non inférieurs au taux de réussite de 93%, prédéfini sur la base des résultats d’efficacité en phase chronique de l’infection.

  • Les résultats étaient les mêmes lorsque les analyses étaient menées selon le génotype ou la co-infection VIH. Par ailleurs, la charge virale à l’inclusion ne semblait pas modifier la RVS12.

  • Sur le plan de la tolérance, 74% des patients ont signalé 172 événements indésirables, dont 66% étaient bénins. Les plus fréquemment rapportés et étant potentiellement liés au médicament étaient la fatigue (14%), les maux de tête (9%) et l’insomnie (9%).

Principales limitations

L’étude a été menée en ouvert, sans bras contrôle. Cette étude a été menée auprès d’une population reflétant le profil typique des infections dans les pays d’investigation, mais ils ne peuvent être transposées à d’autres régions du monde dont l’épidémiologie est distincte.

Financement

L’étude a été sponsorisée par Merck Sharp et Dohme.