Hépatite B : identification d’une cible génétique potentielle


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Les interactions entre le virus de l’hépatite B (VHB) et sa cellule hôte ne sont pas encore totalement comprises. Une équipe de recherche (Institut de Recherche sur les Maladies Virales et Hépatiques, Inserm, Université de Strasbourg) s’est intéressée à deux lignées de cellules humaines de tumeurs primitives du foie exprimant toutes deux le récepteur du VHB, Huh-106 et HepG2, la première étant peu sensible à l’infection par le virus par rapport à la seconde.

En utilisant une technique de biologie moléculaire appelée « gain de fonction », les chercheurs ont identifié un gène fortement exprimé dans les cellules HepG2 : CDKN2C. Or lorsque ce gène est aussi sur-exprimé dans les cellules Huh-106, elles deviennent sensibles à l’infection par le VHB. Inversement, quand l’expression de ce gène est empêchée dans les cellules HepG2, celles-ci deviennent peu sensibles à l’infection par le VHB.

Le gène CDKN2C code pour l’inhibiteur des kinases CDK4/6. Celui-ci déclenche une cascade de signalisations intracellulaires aboutissant à l’interruption du cycle cellulaire, ce qui entraîne l’activation des facteurs de transcription liés au VHB. La cellule produit alors l’ARN viral. Ce résultat est en accord avec des travaux antérieurs, montrant que le VHB se réplique préférentiellement dans des cellules quiescentes.

Enfin les chercheurs ont montré que le VHB induisait l’expression de CDKN2C. Chez les patients ayant une maladie chronique du foie, cette expression est associée à la progression de la maladie ainsi qu’à une survie plus faible à long terme chez les patients ayant un carcinome hépatocellulaire.

En conclusion, les auteurs préconisent la prudence dans l’utilisation des inhibiteurs de CDK4/6 pour traiter les cancers et chez les patients porteurs du VHB. De plus, ils pensent que le gène CDKN2C est une cible thérapeutique potentielle.