Hépatite A : une recrudescence en 2017


  • Fanny Le Brun
  • Univadis Résumés cliniques
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A retenir :

  • En France, l’hépatite  A est une maladie à déclaration obligatoire
  • Depuis 2009, les taux annuels d’incidence des cas notifiés diminuent progressivement, cette baisse étant peut-être liée à la mise en place des recommandations vaccinales
  • Cependant, en  2017, comme dans plusieurs pays européens, la France a été touchée par une  épidémie d’hépatite  A de grande ampleur

En France, l’hépatite  A est une maladie à déclaration obligatoire depuis novembre 2005. Pour la période 2006-2015, 11 158 cas ont été notifiés.

Les incidences des cas notifiés les plus élevées ont été retrouvées chez les moins de 15 ans. Cela s’explique par la transmission féco-orale du virus, favorisée au sein des familles et des collectivités surtout chez les plus jeunes. D’autre part, de nombreux cas groupés sont survenus dans des populations vivant sur des sites d’accueil dans des conditions sanitaires précaires, populations parmi lesquelles la proportion d’enfants est élevée.

Chez les 25-44 ans, le taux d’incidence des cas notifiés est presque deux fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes (2,1 vs 1,2). Cela pourrait s’expliquer par le fait que les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH) représentent une population à risque d’hépatite A.

Les séjours estivaux en zone d’endémie pour l’hépatite  A sont responsables de l’augmentation des cas en août-octobre. Cette augmentation est suivie par un pic en novembre, en faveur d’une importante transmission secondaire à partir de ces cas importés, et observée parmi les moins de 15 ans n’ayant pas voyagé.

On peut noter que les taux annuels d’incidence des cas notifiés d’hépatite A ont progressivement diminué à partir de 2009 pour atteindre en 2015 celui d’un pays de basse endémicité (1,1/100  000). Cette baisse pourrait être liée à la mise en place des recommandations vaccinales.

Cependant, en  2017, comme dans plusieurs pays européens, une  épidémie d’hépatite  A de grande ampleur a touché à des degrés divers toutes les régions métropolitaines, avec une contribution importante de la transmission chez les HSH. Le nombre de cas d’hépatite A déclarés en France au cours des 10 premiers mois de 2017 est quatre fois supérieur au nombre total de cas déclarés au cours de l’année 2016.

Pour rappel, la vaccination contre l’hépatite A est recommandée pour :

  • Les jeunes accueillis dans les établissements et services pour l’enfance et la jeunesse handicapées,
  • Les patients atteints de mucoviscidose et/ou de pathologie hépatobiliaire susceptible d’évoluer vers une hépatopathie chronique,
  • Les enfants ≥ 1 an nés de familles dont l’un des membres (au moins) est originaire d’un pays de haute endémicité et qui sont susceptibles d’y séjourner,
  • Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

En présence d’un (ou de plusieurs) cas d’hépatite A confirmé, la vaccination est recommandée dans :

  • L’entourage familial d’un patient atteint d’hépatite A (ou pour toute personne vivant sous le même toit que le cas),
  • Des communautés de vie en situation d’hygiène précaire.

En milieu professionnel, la vaccination contre l’hépatite A est recommandée :

  • Pour les personnels exposés professionnellement à un risque de contamination (crèches, structures pour personnes handicapées, traitement des eaux usées et des égouts…),
  • Pour les professionnels impliqués dans la préparation alimentaire en restauration collective.

F. Le Brun