Hépatite A : qui vacciner et pourquoi ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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A retenir :

  • Environ un millier de cas d’hépatite A sont déclarés chaque année en France
  • La guérison est généralement complète sans traitement spécifique et confère une immunité à vie
  • Cependant, l’hépatite A peut parfois évoluer vers une hépatite fulminante nécessitant une transplantation hépatique, c’est pourquoi la vaccination est recommandée dans certains cas  

 

L’hépatite A est une infection virale à déclaration obligatoire en France et environ un millier de cas sont déclarés chaque année, en grande partie chez des personnes revenant de séjour dans des pays où le virus circule fortement.

Elle est essentiellement transmise à partir du virus présent dans les selles des personnes infectées. La transmission peut se faire :

  • Directement au contact d’un malade, le plus souvent par l’intermédiaire des mains souillées,
  • Indirectement par la consommation d’eau ou d’aliments contaminés (ex : crudités, coquillages…), 
  • Lors de relations sexuelles, en particulier chez les homosexuels masculins.

L’hépatite A est souvent asymptomatique mais dans certains cas elle peut entraîner des maux de ventre, un ictère, de la fièvre et une grande fatigue parfois prolongée. Il n’existe pas de médicament spécifique contre le virus de l’hépatite A.

La guérison est généralement complète (pas d’évolution vers la chronicité) mais dans certains cas exceptionnels, l’hépatite A peut évoluer vers une hépatite fulminante nécessitant le plus souvent le recours à une transplantation hépatique.

Il n’est pas utile de vacciner les personnes ayant déjà eu une hépatite A car elles sont immunisées à vie.

La vaccination contre l’hépatite A est recommandée pour :

  • Les jeunes accueillis dans les établissements et services pour l’enfance et la jeunesse handicapées,
  • Les patients atteints de mucoviscidose et/ou de pathologie hépatobiliaire susceptible d’évoluer vers une hépatopathie chronique (notamment dues au virus de l’hépatite B, de l’hépatite C ou à une consommation excessive d’alcool),
  • Les enfants, à partir de l’âge d’un an, nés de familles dont l’un des membres (au moins) est originaire d’un pays de haute endémicité et qui sont susceptibles d’y séjourner,
  • Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH).

En présence d’un (ou de plusieurs) cas d’hépatite A confirmé, en complément des mesures d’hygiène et de l’information des sujets contacts, la vaccination est recommandée dans :

  • L’entourage familial d’un patient atteint d’hépatite A (ou toute personne vivant sous le même toit que le cas), afin d’éviter une dissémination intrafamiliale,
  • Des communautés de vie en situation d’hygiène précaire, afin d’éviter une extension épidémique au sein de la communauté et une diffusion hors de la communauté.

En milieu professionnel, la vaccination contre l’hépatite A est recommandée pour les personnels exposés à un risque de contamination :

  • S’occupant d’enfants n’ayant pas atteint l’âge de la propreté (par exemple personnels des crèches, assistants maternels...),
  • Travaillant dans des structures collectives d’accueil pour personnes handicapées,
  • Chargés du traitement des eaux usées et des égouts.

Elle est également recommandée pour les professionnels impliqués dans la préparation alimentaire en restauration collective et elle est fortement recommandée avant tout séjour dans un pays à bas niveau sanitaire.

Le schéma vaccinal comporte une injection puis un rappel 6 à 12 mois plus tard. Cette seconde dose peut être administrée jusqu’à trente-six mois ou cinq ans, selon la spécialité, après la première injection.