HELP : intérêt d’un anticorps monoclonal humanisé dans l’angiœdème héréditaire

  • Banerji A & al.
  • JAMA
  • 27 nov. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

L’angiœdème héréditaire (AOH) est une maladie génétique rare caractérisée par la survenue d’œdèmes sous-cutanés et/ou sous-muqueux de manière transitoire et récidivante du fait d’un déficit quantitatif (type 1) ou qualitatif (type 2) en C1 inhibiteur (C1Inh). Les œdèmes sont déclenchés par une augmentation de la perméabilité vasculaire en réponse à l’excès de bradykinine liée au déficit en C1Inh. Chez les sujets ayant un angiœdème de type I ou II, le traitement par lanadélumab en sous-cutané (150 mg, toutes les 4 semaines, ou 300 mg toutes les 2 ou 4 semaines) durant 26 semaines réduirait significativement le risque de survenue d’un œdème par rapport au placebo. Ces résultats suggèrent que ce traitement pourrait être utilisé en prophylaxie dans les cas d’angiœdème héréditaire. D’autres recherches sont maintenant nécessaires pour déterminer l’efficacité et la sécurité d’emploi de ce traitement à long terme. Ce traitement a reçu récemment une AMM européenne.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Si l’angiœdème héréditaire est une maladie rare et potentiellement grave (risque d’œdème laryngé fatal). Les traitements prophylactiques actuellement disponibles ne sont pas pleinement satisfaisants. D’où l’intérêt de cette étude qui évalue l’efficacité du lanadélumab, un anticorps monoclonal qui inhibe de manière sélective la kallicréine plasmatique empêchant ainsi la génération de bradykinine. 

Méthodologie

Au total 41 sites cliniques internationaux ont participé à l’étude HELP (Heriditary angio-œdème Long-terme Prophylaxis), un essai de phase 3, randomisé, en double aveugle, en groupes parallèles et contrôlés versus placebo. Les patients inclus devaient être âgés de 12 ans et plus et présenter un angiœdème de type I ou II. Les patients ont été randomisés entre mars et septembre 2016 (2:1) entre un bras lanadélumab et un bras placebo. Les patients assignés au groupe lanadélumab étaient ensuite randomisés (1:1:1) pour recevoir 3 doses de traitements. Les patients ont été traités durant 26 semaines par lanadélumab 150 mg toutes les 4 semaines (150 mg/4 sem ; n=28), lanadélumab 300 mg toutes les 4 semaines (300 mg/4 sem ; n=29) et lanadélumab 300 mg toutes les 2 semaines (300 mg/2 sem ; n=27) ou par placebo (n=41).

Principaux résultats

Au total 125 patients ont pu être randomisés (âge moyen 40,7 ans, 70,4% de femmes et 90,4% des sujets ont terminé l’étude). Durant la période de pré-inclusion, le nombre moyen d’attaque d’angiœdème par mois était de 4,0 dans le bras placebo, 3,2, 3,7 et 3,5 respectivement pour les bras lanadélumab 150 mg/4 sem, 300 mg/4 sem et 300 mg/2 sem. Par rapport au placebo, la différence moyenne d’épisode oedémateux par mois était respectivement de : -1,49 [-1,90 à -1,08] (p

Principales limitations

Cette étude a été menée à partir d’un faible nombre de patients dans chaque bras, et elle est limitée à 26 semaines. Par ailleurs, le nombre d’épisodes oedémateux dans les 12 mois précédant l’inclusion était basé sur du déclaratif patient. 

Financement

Étude financée par Dyax Corp (maintenant Shire Human Genetic Therapies).