Grossesses tardives : conséquences d’un intervalle court entre deux grossesses

  • Ihongbe TO & al.
  • Ann Epidemiol
  • 1 sept. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Un intervalle inter-grossesse court (0-5 mois ou 6-11 mois) chez les femmes enceintes à 35 ans et plus serait associé de manière indépendante à l’augmentation du risque de grande, voire très grande prématurité, ainsi que du risque de faible poids à la naissance. En revanche, aucune association n’a été mise en évidence entre un intervalle inter-grossesses court et un risque de macrosomie.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Un nombre croissant de femmes sont enceintes plus tardivement qu’il y a vingt ans. Aux Etats-Unis, le taux de femmes qui accouchent tardivement à la fin de leur 3décennie ou au début de leur 4e, a augmenté de 11% à 19% entre 2007 et 2016. Ce choix réduit souvent le temps entre deux grossesses. Un intervalle court entre deux grossesses a été globalement associé à des conséquences pour l’enfant (comparaison entre des femmes d’âge avancé et des femmes entre 25 et 29 ans). Cependant, peu d’études ont évalué cette association chez les femmes ayant un âge avancé. D’où l’intérêt de celle-ci.

Méthodologie

Les analyses portent sur les données publiques américaines des naissances de 2016. Celles-ci sont plus particulièrement restreintes aux femmes ayant accouché pour la seconde fois et âgées de 35 ans ou plus lors de la première naissance (soit 46.684 femmes). Des analyses par régression logistique ont permis d’examiner l’association entre intervalle inter-grossesses court et conséquences pour l’enfant.

Principaux résultats

Environ la moitié de la population (46,7%) avait un intervalle inter-grossesses court (6% entre 0 et 5 mois, 16,9% entre 6 et 11 mois, et 23,8% entre 12 et 17 mois). Environ 17% de femmes suivies avaient un intervalle inter-grossesses entre 18 et 23 mois, et un peu plus d’un tiers (36,2%) 24 mois et plus. L’âge moyen à la première et seconde grossesse était de 37 et 39 ans. 

Il est intéressant de noter que plus d’un tiers des femmes de 35 ans et plus avaient un intervalle inter-grossesses long, potentiellement du fait de la baisse de la fertilité.

Par rapport à un intervalle inter-grossesses de 18 à 23 mois, un intervalle de 0 à 5 mois multipliait d’un facteur 2,43 le risque de très grande prématurité (odds ratio ajusté (ORa) 2,43 [1,07-5,52]), et un intervalle inter-grossesses de 6-11 mois d’un facteur 2,17 (ORa 2,17 [1,09-4,31]). 

Le risque de grande prématurité (naissance entre 28 et

Par rapport aux femmes dont l’intervalle entre deux grossesses était entre 18 et 23 mois, celles dont l’intervalle était entre 0 et 5 mois avaient un risque de mettre au monde un enfant de poids extrêmement faible (

A contrario, une relation inverse a été mise en évidence entre un intervalle inter-grossesses court et une naissance post-terme et une association non significative a été observée entre un intervalle court entre deux grossesses et une macrosomie.

Principales limitations

Certains facteurs de confusion n’ont pas pu être intégrés, notamment la volonté de grossesse, les antécédents de faible poids de naissance ou de macrosomie.