Grossesse à 40 ans et plus : quels risques ?

  • Shooter EM
  • Med Sect Proc
  • 1 janv. 1988

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude française monocentrique, menée à l’hôpital Foch à Paris, a comparé sur 11 ans les risques obstétriques, fœtaux et néonataux entre des femmes enceintes entre 25 et 35 ans et des femmes enceintes à 40 ans et plus. Les analyses ont montré que l’âge maternel avancé était un facteur de risque indépendant de complications obstétricales (hypertension artérielle, pré-éclampsie et diabète gestationnel) et fœtales/néonatales (prématurité, césarienne, mort in utero). Il est important que les femmes ayant des grossesses tardives soient bien informées, accompagnées de manière plus adéquate et rassurées concernant ces sur-risques. Ces grossesses bien suivies et chez des femmes sans autre facteur de risque que l’âge sont tout à fait envisageables aujourd’hui.

Pourquoi ces résultats sont intéressants

Les désirs de grossesse tardive sont de plus en plus nombreux dans notre société depuis ces dernières décennies. Il est donc important d’avoir des données d’études pour informer et mieux accompagner ces femmes. 

Principaux résultats

Au total, 1.982 enfants nés de femmes âgées de 40 ans et plus ont été comparés à autant d’enfants nés de mères âgées entre 25 et 35 ans. 

Les auteurs de l’étude ont constaté que le taux de grossesse tardive avait doublé entre 2006 et 2016. 

  • Les deux groupes d’âge de femmes étaient similaires en termes d’origine ethnique, d’antécédents médicaux ou de tabagisme. En revanche, les femmes plus âgées avaient un IMC moyen un peu plus important que les plus jeunes, avaient déjà eu un ou plusieurs enfants, étaient plus susceptibles d’avoir une grossesse gémellaire et d’avoir bénéficié d’une assistance à la procréation.
  • Par rapport aux femmes enceintes entre 25 et 35 ans, les femmes enceintes à 40 ans et plus avaient entre 2 et 3 fois plus de risque de diabète gestationnel (OR 2,49), de pré-éclampsie (OR 2,46), d’hypertension artérielle gestationnelle (OR 2,59) et de césarienne (OR 2,07).
  • Le risque de prématurité était augmenté de 55% et le risque de mort fœtale in uteroplus que quadruplé chez les femmes enceintes à 40 ans et plus par rapport aux femmes plus jeunes (OR 4,59 [2,20-9,55]).

Limitations

Étude monocentrique et rétrospective. Le centre hospitalier ayant mené l’étude est également un centre dédié à l’assistance à la procréation ce qui a pu biaiser le nombre de femmes ayant eu recours à ces techniques.