Grippes : tendances vaccinales dans les différentes populations à risque

  • Verger P & al.
  • Euro Surveill
  • 1 nov. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • Selon une analyse menée à partir de l'échantillon généraliste des bénéficiaires (EGB) représentatif de la population française, le taux de vaccination antigrippale de la population cible est largement inférieur aux attentes (75% de la population cible) : en 2015-2016, il est de 48% pour les plus de 65 ans et est compris entre 16 et 29% pour les sujets à risque de moins de 65 ans.

  • L’analyse des chiffres et des tendances sur les 10 années précédentes montre que si la pandémie de 2009 a été associée à une augmentation modeste du taux de vaccination (5 à 9% selon les groupes), elle a été suivie dès l’année suivante par une diminution notable, qui n’a toujours pas été rattrapée depuis. Seuls les chiffres concernant les groupes de patients inclus récemment dans les nouvelles recommandations de vaccination antigrippale (coronaropathie depuis 2011, hépatopathie depuis 2013) ont suivi une cinétique croissante. Les auteurs soulignent que cette dynamique est plus volontiers associée au fait de recevoir une invitation à participer que d’un effet de mise en œuvre des recommandations. En effet, ceux ne recevant ni invitation ni bon de prise en charge semblent accéder plus difficilement à la vaccination.

Méthodologie

  • L'échantillon généraliste des bénéficiaires (EGB), qui rassemble 1 personne sur 97 affiliées à l’un des trois régimes de l’Assurance Maladie, est représentatif de la population française. À partir de cette base de données, ont été identifiés tous ceux ayant participé à au moins une campagne de vaccination entre 2006-07 et 2015-16, qu’ils soient âgés de 65 ans et plus ou qu’ils présentent l’une des pathologies ciblées pour lesquelles des invitations et des bons de prise en charge sont envoyés : diabète, maladie respiratoire, insuffisance cardiaque, valvulopathie, AVC, maladie neuromusculaire, coronaropathie (invitations depuis 2011), maladie hépatique (invitations depuis 2013).

  • L’analyse a permis de suivre les évolutions des différents groupes sur la durée.

Principaux résultats

  • Quelle que soit la période d’analyse, le taux de vaccination antigrippale chez les 65 ans et plus était toujours significativement supérieur à celui des moins de 65 ans  présentant des pathologies à risque. En 2015, ce chiffre était de 48% pour les premiers et était compris entre 16% et 29% selon la pathologie, dans le second.

  • Durant la saison 2009-10, les taux de vaccination ont augmenté de 5% chez les personnes de 65 ans et plus et de 9% pour celles de moins de 65 ans présentant une maladie respiratoire, une insuffisance cardiaque ou une valvulopathie.

  • En revanche, dès la saison 2010-11, ces chiffres ont diminué de 12 à 25% dans tous les groupes, pour rester ensuite relativement stables ou en légère baisse (-2% par saison pour les ≥65 ans).

  • Concernant les groupes concernés par les recommandations de 2011 et 2013, seul celui des patients présentant une coronaropathie a présenté une augmentation de 9% durant la pandémie. L’année suivante, les taux de vaccination ont baissé fortement de 13% pour ce groupe de patients, et jusqu’à 20% pour ceux présentant une maladie neuromusculaire.

  • La publication des nouvelles recommandations a surtout bénéficié aux moins de 65 ans atteints de coronaropathies (+ 40% depuis 2011) ou de maladies chroniques du foie (+ 42% depuis 2013).