GPA : la position d’Emmanuel Macron considérée comme trop ambiguë

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Paris, le jeudi 20 avril 2017 - Tous les candidats à l'élection présidentielle ont régulièrement été invités à préciser leur position concernant la gestation pour autrui, y compris dans les colonnes du JIM. Les cinq premiers challengers se sont tous prononcés contre la légalisation de cette pratique dans notre pays, dénonçant notamment les risques de marchandisation du corps et remarquant pour certains, comme Jean-Luc Mélenchon, comment la GPA n'est qu'un rapport de force entre riches et pauvres. Si la possibilité dans des situations rares et précises de GPA altruiste (par exemple entre des proches ou deux membres d'une même famille) est évoquée par certains dans l'entourage des candidats, la complexité de déterminer les contours d'une telle GPA et les risques de dérive constituent pour tous des obstacles difficilement franchissables.

Inscription des enfants nés de GPA à l'étranger à l'état civil : deux fronts distincts

Les candidats à l'élection présidentielle expriment des plus nettes divergences en ce qui concerne la reconnaissance par l'état civil de la filiation de substitution des enfants nés à l'étranger après une GPA. La Cour européenne des droits de l'homme a considéré que le refus de la justice française d'accéder aux demandes des familles en la matière constituait une violation du droit au respect de la vie privée garanti par la Déclaration européenne des droits de l'homme. La France a pris acte de cette jurisprudence et n'a pas fait appel de cette décision : une circulaire signée par le garde des Sceaux de l'époque, Christiane Taubira a même fait de cette préconisation la position s'appliquant en France. Cette orientation va dans le bon sens pour Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Emmanuel Macron souhaite même que la circulaire du 25 janvier 2013 soit plus uniformément appliquée sur le territoire français et dans tous les consulats.

Ce choix est cependant contesté par François Fillon et Marine Le Pen. De nombreux opposants à la GPA voient en effet dans cette reconnaissance par l'état civil une amnistie offerte aux couples qui décident de recourir à cette technique en dépit de son interdiction en France, voire une incitation pour les autres familles assurées d'obtenir un état civil conforme à leur désir en dépit de leur contournement de la loi.

Action internationale : le leader d'En Marche ! sur une autre voie

Si on le voit, le candidat d'En Marche ! ne défend pas sur ce sujet une conception isolée, il s'est différencié de ses principaux concurrents en ce qui concerne son engagement dans une initiative internationale pour faire interdire la GPA de manière universelle. Interrogés sur ce point par la philosophe Sylviane Agacinski, la présidente du Collectif pour le respect de la personne Ana-Luana Stoicea-Deram et l'ethnologue Martine Segalen, François Fillon, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon se sont déclarés favorables à une telle action. Le leader d'En Marche ! n'a pas répondu à la sollicitation des trois femmes. Cependant, dans une lettre adressée aux personnes LGBTI, il précise : « Je lancerai une initiative internationale afin de s'attaquer au problème de la GPA très peu payée et subie et lutter contre le tr...