Goutte : l’impérative nécessité de maintenir un taux cible d’acide urique sérique <0,36 mmol/L !

  • Pérez Ruiz F & al.
  • RMD Open
  • 1 janv. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Pour réduire les accès de goutte et la morbi-mortalité associée, les recommandations internationales préconisent le maintien d’un taux British Medical Journalmontre qu’atteindre et maintenir cet objectif cible réduirait par deux le risque de mortalité globale et de mortalité cardiovasculaire. Les auteurs font l’hypothèse qu’une concentration élevée en acide urique favoriserait l’inflammation chronique. Les données de cette étude supportent l’intérêt d’un traitement basé sur l’atteinte d’un objectif cible régulièrement suivi. 

Protocole de l’étude

Cette étude longitudinale prospective de cohorte a inclus des patients souffrant de goutte, recrutés entre 1992 et 2017 dans un centre spécifique, le Cruces Hospital au Pays Basque. Les analyses ont fait la distinction entre les sujets qui ont été exposés à une concentration moyenne en acide urique sérique

Principaux résultats

Au total, sur les 1.193 patients inclus, 92% étaient des hommes (âge moyen 60 ans, durée moyenne de la maladie 6,8 ans, nombre moyen de crise de goutte dans l’année écoulée entre 3 et 4, taux moyen d’acide urique sérique à l’inclusion de 9,1 mg/dL, suivi moyen de 48 mois). Au cours du suivi, 13% des patients sont décédés. Par rapport aux survivants, ces derniers étaient globalement plus âgés, avaient eu un nombre d’accès de goutte plus élevé au cours de l’année écoulée (3 versus2), un taux médian d’acide urique sérique plus élevé (9,3 versus8,7 mg/mL, un taux de créatinine plus faible (57 versus 75 mL/min) et une consommation d’alcool plus faible. Les sujets décédés avaient également un nombre de comorbidités plus important à l’inclusion et 47% d’entre eux étaient en situation de fragilité (avec 5 maladies chroniques ou plus) contre seulement 15% des personnes en vie. Une proportion plus importante de patients n’avait pas atteint le taux cible d’acide urique versus14,7%).

Le taux de mortalité atteignait 80,9/1.000 patients-année dans le groupe exposé à une concentration en acide urique sérique ≥0,36 mmol/L contre 25,7/1.000 patients-années au-dessous. Après ajustement sur l’âge, le sexe, les facteurs de risque cardiovasculaire, la concentration d’acide urique sérique à l’inclusion, il s’est avéré qu’un taux >0,36 mmol/L était associé à une augmentation de 133% du risque global de décès (HR 2,33 [1,60-3,41]) et à une augmentation de 105% du risque de mortalité cardiovasculaire (HR 2,05 [1,21-3,45]).

Principales limitations

Les patients qui n’atteignaient pas le taux d’acide urique sérique cible étaient également ceux qui avaient le suivi le plus court. Et ces analyses n’ont pas intégré un ajustement sur le tabagisme et la prise d’AINS.