Goutte et syndrome de Sjögren : a-t-on identifié des associations entre les deux ?

  • Singh JA & al.
  • Joint Bone Spine
  • 1 oct. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Après ajustement à des facteurs démographiques, de comorbidités ou à la prise de traitement cardiovasculaire ou pour la goutte, une étude suggère que : 

  • La goutte serait associée à une augmentation de 70% du risque de diagnostic de Syndrome de Sjögren, chez les individus de 65 ans et plus.
  • Les sujets âgés souffrant de goutte qui présentent 2 comorbidités ou plus ont également une augmentation de 70% du risque de recevoir ce diagnostic par rapport à ceux qui n’en ont aucune.
  • Aucune différence significative de diagnostic de Syndrome de Sjögren chez les sujets souffrant de goutte n’a pu être montrée en fonction de l’âge, de l’origine ethnique ou du sexe.
  • Chez les individus de 65 ans et plus qui souffrent de goutte, les femmes auraient 5 fois plus de risque que les hommes de recevoir un diagnostic de Syndrome de Sjögren.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Le Syndrome de Sjögren coexiste souvent avec d’autres maladies auto-immunes comme le lupus, la sclérodermie, la polyarthrite rhumatoïde dont il partage certains mécanismes. En revanche, la présence concomitante de la goutte et de ces pathologies, ou du Syndrome de Sjögren n’avait pas été décrite jusqu’à présent. Pourtant, goutte et Syndrome de Sjögren auraient quelques biomarqueurs communs. D’où l’intérêt de cette étude.

Protocole de l’étude

À partir d’un échantillon de 5% des données Medicare de 2006-2012 une analyse par régression a évalué l’association entre les sujets souffrant de goutte et ceux recevant un diagnostic de novode Syndrome de Sjögren après ajustement sur l’âge, le sexe, l’origine ethnique, l’index de comorbidité de Charlson-Romano et la prise de traitements cardiovasculaires (statines, bêta-bloquants, diurétiques, inhibiteurs de l’enzyme de conversion) ou pour la goutte (allopurinol, febuxostat). 

Principaux résultats

Au total, 3.186 nouveaux cas de Syndrome de Sjögren ont été identifiés au cours de la période évaluée pour un total de 1,7 millions de personnes. L’incidence était de 30/100.000 personnes-années chez les sujets sans goutte et de 49/100.000 personnes-années chez ceux souffrant de goutte. 

Après ajustements multiples, les analyses ont montré une augmentation du risque de recevoir un diagnostic de Syndrome de Sjögren chez les sujets souffrant de goutte (hazard ratio 1,73 [1,45-2,06]) par rapport aux autres.

Les individus les plus jeunes, le sexe féminin, l’origine caucasienne et un score de morbidité élevé (score de Charlson-Romano ≥2) étaient associés à un risque plus élevé de Syndrome de Sjögren. 

Principales limitations

Étude observationnelle.