Gonarthrose : revue de l’année 2018

  • Mandl LA
  • Osteoarthr Cartil
  • 16 nov. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Une revue de la littérature, publiée dans Osteoarthritis and Cartilage, fait le point sur les principales études 2018 conduites sur l’histoire naturelle de la gonarthrose et de sa prise en charge.

Incidence, prévalence et progression de l’arthrose

  • Plusieurs auteurs ont tenté d’explorer les facteurs de risque de gonarthrose qui pourraient exister, parallèlement à ceux déjà bien identifiés (âge, obésité). En comparant des squelettes de sujets décédés entre 1976 et 2015 à celui de personnes décédées plus tôt au cours de l’ère industrielle (1905-1940), et même à des squelettes préhistoriques, des chercheurs américains ont décrit un risque majoré de gonarthrose, probablement lié à l’environnement moderne. Ils suggèrent l’implication du manque d’activité physique.
  • D’autres auteurs se sont penchés sur les facteurs de risque, et notamment ceux qui favoriseraient une progression rapide de l’arthrose chez certains patients qui, 48 mois après une radiographie sans signes d’arthrose nécessitent la pose d’une prothèse. Ils ont ainsi identifié la présence plus fréquente de plusieurs signes cliniques (difficulté à s’allonger, douleur à la marche, gonflement de l’articulation…). L’acceptation par cette population d’une prise en charge intensifiée dans le but de prévenir cette aggravation reste à évaluer.
  • Sur le plan radiographique, une extrusion méniscale ou la présence de lésions méniscales ou cartilagineuses pourraient aussi constituer des indicateurs d’un risque de progression dans les 7 ans vers la gonarthrose. Leur prise en charge pourrait constituer une opportunité thérapeutique afin d’en réduire l’impact délétère. Une autre étude suggère enfin que l’analyse radiographique ne doit pas se limiter à la zone tibio-fémoral, car certains patients semblent présenter plus volontiers des anomalies au niveau fémoro-patellaire.

Approches thérapeutiques

  • La donnée la plus importante de ces derniers mois est, selon les auteurs, l’absence de bénéfice à 2 ans d’injections intra-articulaires de triamcinolone tous les trimestres par rapport à un placebo. Cette étude rapportait plutôt une accélération de la destruction cartilagineuse. Ce qui ne remet pas en cause l’intérêt des injections ponctuelles de corticoïdes pour la prise en charge des flambées inflammatoires. Dans la gestion de ces dernières, l’injection d’une formule LP de microsphères de triamcinolone a justement montré une réduction plus rapide de la douleur, sans modification sur la douleur ressentie à 3 mois.
  • Par ailleurs, plusieurs traitements utilisés dans d’autres affections rhumatologiques ont été évaluées dans l’arthrose : l’efficacité de l’hydroxycholoroquine ou celle de l’adalimumab ont été écartées par des études cliniques dédiées, randomisées contre placebo. Concernant l’intérêt des bisphosphonates, les données sont moins claires, deux importantes études de cohorte ayant décrit la réduction du recours aux prothèses de genou chez les personnes ostéoporotiques traitées par bisphosphonates, tandis qu’une méta-analyse n’a pas permis de mettre en évidence une réduction de la douleur ou de la progression radiographique. De nouveaux travaux sont attendus sur ce point.

Autres approches innovantes

  • Deux études ont été menées afin d’évaluer l’intérêt pour des patients de participer à des programmes spécifiques délivrés par internet : la première, menée chez des sujets en attente d’une arthroplastie du genou, a échoué à montrer qu’un programme d’activités physiques réalisable à domicile pouvait améliorer le score fonctionnel WOMAC à 4 mois, par rapport à l’absence d’intervention. À l’inverse, la seconde étude, qui a spécifiquement évalué la prise en charge de la dépression associée à la gonarthrose par un programme internet de TCC, a montré une diminution de la prévalence de la maladie après 3 mois. La différence d’efficacité pourrait être liée à un différentiel important dans l’observance des programmes, suggérant la nécessité de sélectionner les patients motivés.
  • Enfin, les promesses de la médecine régénérative (cellules souches, plasma riche en plaquettes) sont encore limitées : si plusieurs études ont décrit des résultats positifs, elles sont dans leur grande majorité entachées d’importants risques de biais. De nouveaux travaux seraient nécessaires pour recommander leur utilisation.
  • Hygiène de vie
  • Deux publications ont rapporté une association inverse entre une consommation importante de fibres et le risque de développer une gonarthrose qualifiée radiologiquement pour des personnes à risque, même après ajustement sur les facteurs potentiels de confusion.
  • Sur le plan de l’activité physique, une petite étude a pu décrire que des sujets présentant des comorbidités (diabète de type 2, BPCO, coronaropathie…) présentaient une amélioration de leur fonction physique et une douleur moindre associée à la gonarthrose après 20 semaines d’activité adaptée.