Gonarthrose : injections de corticoïdes versus séances de kinésithérapie

  • Deyle GD & al.
  • N Engl J Med
  • 9 avr. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude publiée dans The New England Journal of Medicinemontre qu’après une année de traitement, des séances régulières de kinésithérapie seraient plus efficaces que des injections intra-articulaires de corticoïdes pour diminuer la douleur et le handicap des sujets souffrant de gonarthrose.

Pourquoi ces résultats sont-ils intéressants ?

Si les injections intra-articulaires de corticoïdes soulagent à court terme les patients arthrosiques de leurs douleurs, leur efficacité à long terme bénéficie de moins de preuves et par ailleurs, elles ne sont pas dénuées de risques notamment infectieux ou d’accélération de la dégradation du cartilage. Les précédentes études comparant ces deux prises en charge limitaient le traitement à 4 semaines et le bénéfice était mesuré seulement à court terme, d’où l’intérêt de cette étude. 

Méthodologie

Cette étude a comparé l’efficacité d’injections de corticoïdes et de séances de kinésithérapie chez des sujets souffrant d’arthrose d’un ou des deux genoux et n’ayant pas reçu d’injection de glucocorticoïdes dans les 12 derniers mois. Les séances de kinésithérapie comprenaient des exercices de mobilisation des articulations et d’étirement ayant pour but de réduire la raideur articulaire et la douleur. Les patients avaient jusqu’à 8 séances durant une période initiale de 4 à 6 semaines puis 1 à 3 séances supplémentaires au moment des réévaluations entre le 4et le 9mois. Le traitement par corticoïdes intra-articulaires consistait en une injection de 40 mg/mL d’acétonide de triamcinolone et 7 mL de lidocaïne à 1% dans chaque genou inclus. Cette injection était réitérée à 4 et 9 mois selon les besoins. Les sujets pouvaient recevoir jusqu’à 3 injections sur l’année de l’étude.

Principaux résultats

Au total, 156 patients ont été inclus dans l’étude (âge moyen 56 ans, 48% de femmes, indice de masse corporelle moyen 31,5 kg.m2, n=78 pour chacun des groupes). L’intensité de la douleur et l’importance du handicap étaient comparables entre les deux groupes de traitement. Les patients du groupe corticothérapie ont reçu en moyenne 2,6 injections au cours de l’étude, et les sujets du groupe kinésithérapie ont eu en moyenne 11,8 consultations de suivi. Si les caractéristiques démographiques et cliniques étaient semblables dans les deux groupes, un nombre plus important de sujets du groupe kinésithérapie avait un score de Kellgren-Lawrence (critère jugeant de la sévérité radiographique de l’arthrose) de 3 ou 4. Parmi les sujets du bras kinésithérapie, 9% ont tout de même reçu des injections de corticoïdes et 18% de ceux du bras corticothérapie ont bénéficié de séances de kinésithérapie. À l’inclusion, le score WOMAC moyen était de 108 dans le bras corticothérapie et 107 dans le bras kinésithérapie. À un an, le score WOMAC moyen était respectivement de 55,8 et 37,00 soit une différence intergroupe de 18,8 en faveur du groupe kinésithérapie. À un an, 23% des sujets du bras corticothérapie et 9% de ceux du bras kinésithérapie n’ont pas perçu d’amélioration de leur état ou ont rapporté une aggravation de celui-ci.

Le coût moyen des traitements pour chaque genou durant la période de l’étude était semblable entre les deux groupes. Certains patients ont eu recours à d’autres traitements en parallèle, et quatre patients du groupe corticothérapie ont eu une chirurgie pour pose de prothèse.

Limites

Les sujets du bras kinésithérapie ont bénéficié d’un nombre plus important de consultations ce qui a pu contribuer aux résultats. Certains patients ont bénéficié d’un traitement de l’autre bras.