GLOBAL LEADERS tente de préciser la place du ticagrélor post-ICP

  • Vranckx P & al.
  • Lancet
  • 24 août 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude randomisée menée en ouvert a évalué un traitement expérimental par ticagrélor 90 mg deux fois par jour durant 24 mois (en association à l’aspirine 75-100 mg/j durant le premier mois) versus un traitement standard par aspirine (75-100 mg/j) plus clopidogrel 75 mg/j (pour ceux qui présentaient une coronaropathie stable) ou du ticagrélor 90 mg deux fois par jour (pour ceux qui présentaient une symptomatologie aiguë), durant un an, suivi d’une monothérapie par aspirine durant un an chez des sujets post-intervention coronarienne percutanée (ICP). Le traitement expérimental ne s’est pas révélé supérieur au traitement standard sur le critère composite de mortalité toutes causes ou d’infarctus du myocarde avec onde Q. Par ailleurs, le taux de saignements majeurs (grade 3 à 5) était similaire entre les deux groupes. Ainsi, les résultats de l’étude GLOBAL LEADERS ne permettent pas de confirmer l’intérêt de changer les schémas thérapeutiques dans ce contexte clinique.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Le ticagrélor est un antiplaquettaire oral d’action directe dont l’efficacité serait plus rapide et plus importante que le clopidogrel. L’étude PLATO, menée chez des patients présentant un syndrome coronarien aigu avec ou sans élévation du segment ST, avait comparé le ticagrélor à un traitement par clopidogrel (tous deux en association avec l’aspirine). Les résultats de celle-ci avaient montré que le ticagrélor réduisait significativement le taux d’évènements cardiaques et la mortalité toutes causes confondues. Il était intéressant d’évaluer la balance bénéfice/risque post-ICP d’un schéma thérapeutique à base de ticagrélor versus un schéma classique.

Méthodologie

Étude de supériorité, randomisée, en ouvert, internationale (18 pays), multicentrique (130 sites). Les patients souffrant de coronaropathie stable ou aiguë et devant subir une intervention coronarienne percutanée (ICP) avec un stent à élution médicamenteuse (biolimus A9) étaient randomisés (1:1) dans l’un des deux bras de l’étude : (1) ticagrélor 90 mg deux fois par jour durant 24 mois (en association à l’aspirine 75-100 mg/j durant le premier mois) ou (2) 75-100 mg d’aspirine associée à 75 mg de clopidogrel une fois par jour (pour ceux qui présentaient une coronaropathie stable) ou du ticagrélor 90 mg deux fois par jour (pour ceux qui présentaient une symptomatologie aiguë) durant 12 mois, puis de l’aspirine en monothérapie durant 12 mois de nouveau.

Principaux résultats

Entre juillet 2013 et novembre 2015, 15.968 sujets ont été randomisés, 7.980 dans le groupe expérimental et 7.988 dans le groupe contrôle. L’âge moyen était de 64,5 ans. 23,3% des sujets étaient des femmes. 46,8% des patients souffraient d’un syndrome coronarien aigu. À deux ans, 77,6% des sujets du groupe expérimental et 93,1% du groupe contrôle avaient bien observé le protocole. La dyspnée était la cause principale de mauvaise observance du traitement (significativement plus fréquente dans le groupe expérimental). 

À 2 ans, 304 (3,81%) des participants du bras expérimental et 349 (4,37%) du groupe contrôle étaient décédés ou avaient eu un infarctus du myocarde non fatal avec onde Q (critère principal d’évaluation), soit un ratio de taux de 0,87 [0,75-1,01], p=0,073. Par ailleurs, aucune différence significative n’a été mise en évidence non plus sur le critère principal d’évaluation, entre les sujets présentant une coronaropathie stable et aiguë (p=0,93). Des saignements de grade 3 et 5 sont survenus chez 163 individus dans le groupe expérimental et 169 dans le groupe contrôle (2,04 vs 2,12%, ratio 0,97 [0,78-1,20], p=0,77).

Principales limites

Étude menée en ouvert.