Gestion des douleurs lombaires non spécifiques en médecine générale

  • Peurois M & al.
  • Rev Epidemiol Sante Publique

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une étude française menée auprès de généralistes représentatifs de la profession, environ trois quarts des patients consultant pour lombalgie ont un examen clinique et/ou reçoivent une prescription de médicaments.

  • Le fait que la douleur lombaire irradie semble déterminant pour l’orientation ou la prescription de l’imagerie.

Pourquoi est-ce important ?

Les lombalgies constituent un motif fréquent de consultation en médecine générale, mais l'absence de recommandations claires et pratiques favorise l’hétérogénéité des stratégies de prise en charge.

Une étude permettant d’avoir une vision large des différentes options de soins, traitements et orientations envisagés par les médecins vis-à-vis de leurs patients peut participer à l’élaboration de recommandations plus adaptées.

Matériel et méthodes

Les auteurs se sont basés sur les données de l’étude nationale transversale ECOGEN (étude des Éléments de la COnsultation en médecine GENérale) qui visait à décrire les motifs de consultation en médecine générale auprès d’un panel de 128 médecins généralistes recrutés pour être représentatifs de l’ensemble de la profession au niveau national. Les consultations qui ont été prises en considération dans l’analyse étaient celles de patients âgés de 18 à 65 ans et consultant pour une lombalgie, avec ou sans douleur irradiante. L’étude visait à décrire les procédures de soins prescrites par les médecins généralistes français.

Principaux résultats

Sur 11.510 consultations, 7,3% étaient motivées par des douleurs lombaires dont 38% étaient irradiantes. Il s’agissait plus volontiers d’hommes (60,5% vs 55,6% vs , p=0,006), âgés de 45 à 54 ans (26,1% vs 21,4%, p<0,001) et travailleurs manuels (10,5% vs 6,6%, p<0,001). Le nombre moyen d'actes de soins chez les patients lombalgiques était de 2,92, contre 2,19 pour les autres motifs de consultation (p<0,001).

Les principales prises en charge initiées étaient l’examen clinique (79,5%), la prescription d’un médicament (73,4%) et un arrêt de travail (23,9%). La prescription d'imagerie et le renvoi vers un spécialiste ne concernaient que 12,9 % et 5,2 % des patients respectivement.

Lorsque la lombalgie était associée à une douleur irradiante, les examens d'imagerie (scanner ou IRM principalement),l’orientation vers le spécialiste et la prescription d’un arrêt maladie étaient cependant plus souvent prescrits (OR ajusté 1,61 [1,07-2,42], 2,92 [1,40-6,09] et 1,52 [1,10-2,09] respectivement), à l’inverse de l’orientation vers un kinésithérapeute (aOR 0,55 [0,38-0,82]).

Lorsque le patient avait consulté à plusieurs reprises pour lombalgie, l'adressage chez un spécialiste et l'arrêt de travail étaient moins souvent prescrits d’emblée lors de la première consultation (OR ajusté 0,68 [0,48-0,97] et 0,16 [0,05-0,47] respectivement).